Quand les banquiers d'affaire sont à pied d'œuvre pour la campagne de la présidentielle 2017

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Plutôt Nicolas Sarkozy, NKM ou Arnaud Montebourg ? Les "seigneurs de la finance parisienne", comme les surnomme Bruna Basini du JDD, ont pour la plupart déjà fait leur choix et épaulent dans l'ombre leur candidat. Bien sûr le plus soutenu est Emmanuel Macron, pas encore candidat, mais déjà en costume de présidentiable, lui qui est issu du sérail.

Emmanuel Macron, le 6 novembre 2016 en Tunisie, devrait annoncer sa candidature à la présidentielle de façon imminente. ( AFP / FETHI BELAID )
Emmanuel Macron, le 6 novembre 2016 en Tunisie, devrait annoncer sa candidature à la présidentielle de façon imminente. ( AFP / FETHI BELAID )

En effet, l'ex-ministre de l'Économie était banquier d'affaires dans la banque Rothschild & Compagnie avant que François Hollande ne vienne le chercher pour occuper successivement les postes de secrétaire général de l’Élysée, puis pensionnaire de Bercy.

En lançant son mouvement En Marche et en égrenant son programme discours après discours, Emmanuel Macron est sur le point de se déclarer candidat. À ses côtés, on retrouve Bernard Mourad, ancien du groupe Altice et de Morgan Stanley. "J'ai décidé de m'engager pleinement auprès d'Emmanuel Macron car la situation du pays exige, à mes yeux, une mobilisation de toutes les forces vives de la société civile. (...) Chacun à sa mesure et selon ses moyens, peut contribuer à ce renouveau démocratique.", annonce-t-il sur Facebook le 5 octobre 2016.

Il y a aussi Christian Dargnat, ancien directeur général de BNP Paribas Asset Management, qui devrait prendre les rênes du financement de la campagne. Et Mathieu Laine, qui n'hésite pas à se définir comme "compagnon d'armes et complice intellectuel du meilleur candidat possible pour ce pays", rapporte l'enquête du JDD.

LES CHEFS D'ENTREPRISE PLUS FRILEUX

Un vent d'air frais qui fait du bien à Emmanuel Macron, qui s'il est aussi soutenu par de nombreux chefs d'entreprise, n'en a pas un soutien total. Les chefs d'entreprise restent discrets sur leurs affinités avec l'ancien ministre de l’Économie, pragmatisme oblige.

Xavier Niel, Marc Simoncini, Jean Peyrelevade, Claude Bébéar... la liste des grands patrons considérés comme des soutiens de l'ancien banquier d'affaires, est longue. En particulier dans le milieu de l'économie numérique et de la "French Tech".

Mais la plupart d'entre eux préfèrent ne pas s'exprimer publiquement. D'autant que dans une interview au quotidien 20 minutes, l'homme d'affaires Henry Hermand, considéré comme le parrain en politique d'Emmanuel Macron, a reconnu avoir conseillé à son poulain "de ne pas trop mettre en avant les soutiens financiers" qu'il pouvait avoir "et de bien marquer sa coloration de gauche sur le plan des idées et sur le plan social".

SE PRONONCER AVANT OU APRÈS LES PRIMAIRES ?

Pour d'autres, la solution n'est pas Emmanuel Macron, même s'il est l'un des leurs. Ainsi, Grégoire Heuzé, de Rothschild & cie, s'affiche aux côtés de Bruno Le Maire, comme Hugues Lepic, ancien de chez Goldman Sachs.

Sébastien Proto, "associé-gérant de Rotschild & cie" soutient toujours Nicolas Sarkozy, qu'il a déjà conseillé lors de son premier mandat. C'est aussi le cas de Philippe Villin : "Nous sommes amis depuis trente ans, confie-t-il. En 2006-2007, je l'avais seulement aidé vis-à-vis de la communauté homosexuelle. Aujourd'hui, mon implication est totale : je fais partie de la garde rapprochée qui l'a aidé pour son programme et je lève des fonds pour sa campagne. Je le fais parce que c'est le seul à pouvoir relever le pays".

Du côté d'Alain Juppé, Jean-François Cirelli et Daniel Bouton, ex-PDG de la Société générale, auraient rejoint son camp.

"On s'est revus et elle m'a demandé de devenir son coach sur les sujets économiques et financiers, relate-t-il. Elle a compris qu'on a changé de monde sur le numérique, l'écologie. Comme elle, j'abhorre le discours d'extrême droite par rapport aux musulmans. J'aime son côté ingénieur qui n'adopte une idée que si elle sait qu'elle marche". Michel Cicurel, ex-dirigeant de la "Compagnie financière Edmond de Rotschild et fondateur de la holding d'investissements La Maison", avoue sans détour qu'il a été charmé par les idées de Nathalie Kosciusko-Morizet qu'il a rencontré à un dîner en 2008. Pour l'instant, il a seulement organiser des dîners de levée de fonds mais pourrait s'engager davantage si elle est désignée candidate après la primaire de droite.

Car si "les primaires créent plus d'écuries et obligent les candidats à avoir des programmes" pour Grégoire Heuzé, beaucoup de banquiers d'affaires pourraient attendre ces résultats pour afficher leur préférence. En effet, "les banquiers ne parient souvent qu'à coup sûr", conclut Bruna Basini.

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  • 445566ZM il y a 4 semaines

    On rigole bien avec la gauche au pouvoir.

  • laurus il y a 4 semaines

    Quel bel élan citoyen, si, si, vraiment, ça me fait plaisir. Mais côté proximité avec les préoccupations du "petit peuple", on peut s'interroger sur les idées de tous ces barons de la finance, si, si vraiment, ça m'interpelle.

  • M78543 il y a 4 semaines

    dans T.R.U.M.P : on fait aussi Toucher Rectal UMP.S

  • jmlhomme il y a 4 semaines

    Personne derriere le FN ? mauvaise enquete ou serait il propre ?

  • angel001 il y a 4 semaines

    Ca fait juste 2 siècles et des poussières que c'est comme ça. Quoi qu'on en dise.

  • milano12 il y a 4 semaines

    marine sera élue au 1er tour

  • g.gigon il y a 4 semaines

    Une belle brochette d'imposteurs, pauvre France. Le peuple Français ne mérite pas ces traîtres.

  • wanda6 il y a 4 semaines

    Le changement c'est l'année prochaine. Il faut que F. Asselineau puisse avoir accès aux grands médias, adhérez à l'UPR upr.fr

  • wanda6 il y a 4 semaines

    https://www.youtube.com/watch?v=E5FesD-Xtzg

  • Neova il y a 4 semaines

    Si j'ai bien compris, ils sont tous à la botte des banquiers ! La palme d'or pour Juppé avec Daniel Bouton ! Lol de lol