Quand Leonardo DiCaprio sponsorise des diamants fabriqués en usine

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L'acteur américain est l'un des nombreux investisseurs de la start-up Diamond Foundry. Cette dernière affirme pouvoir fabriquer des diamants de synthèse éthiques en seulement deux semaines.

Ils brillent comme des pierres naturelles et possèdent les mêmes caractéristiques physiques. Et pourtant, les diamants fabriqués par Diamond Foundry sont artificiels, produits à la chaîne dans une fonderie californienne. Il y a quelques jours, cette start-up de la Silicon Valley a fait sensation en annonçant être en mesure de fabriquer à l'échelle industrielle des diamants à destination de la joaillerie. Le tout en moins de deux semaines.

La jeune pousse, créée il y a trois ans par Martin Roscheisen, affirme détenir la recette parfaite permettant de produire à la chaîne des pierres parfaitement identiques à celles extraites des mines. La technique, baptisée CVD (Chemical Vapor Deposition), consiste à «faire pousser» le diamant dans un réacteur à partir d'un extrait de diamant naturel. Impossible d'en savoir plus: la société reste discrète sur le processus de production. «Ce qu'elle annonce n'a rien de révolutionnaire. Cette technique est utilisée depuis très longtemps pour produire des diamants de synthèse aux caractéristiques identiques aux pierres naturelles. Ça sent un peu le coup de com'», nuance le gemmologue Bruno Pozzera, créateur du site diamants-infos.com. «Ce qu'on l'on constate en revanche, c'est que le processus de production est rapide», concède-t-il.

Sur son site, Diamound Foundry propose déjà à la vente des pierres synthétiques montées sur des bijoux créés par des designers. Bagues à plus de 4000 dollars, boucles d'oreilles à 1200 dollars ou pendentifs à 1500… les prix ne sont pas moins élevés que ceux des bijoux sertis de pierres naturelles. Une déception pour les consommateurs qui s'entendent répéter que les diamants synthétiques sont 40 à 50% moins chers que les pierres naturelles. Diamond Foundry l'explique par un coût de production encore élevé, sans plus de détails.

L'entreprise préfère mettre en avant un autre argument de vente: «nos diamants sont purs, comme ceux extraits des mines, mais ils sont aussi éthiquement et moralement purs», a expliqué l'entreprise à Business Insider. Diamond Foundry touche ici le talon d'Achille des diamants naturels: mines polluantes, travail des enfants, financement des guerres civiles... En faisant «pousser» ses diamants en usine, Diamound Foundry dit garantir aux consommateurs leur origine. La start-up, qui utilise l'énergie solaire pour réduire ses émissions de CO², promet aussi une production durable. Autant d'arguments déjà utilisés par les sites de vente en ligne de diamant de synthèses comme Pure Grown Diamonds ou Renaissance Diamonds. «Nous voulons augmenter la taille globale du marché diamantaire et ramener des personnes qui, autrement, n'achèteraient pas ce produit», a résumé Alon Ben-Shoshan, responsable des relations commerciales, sur le site spécialisé JCK.

Diamound Foundry affirme avoir levé 100 millions de dollars auprès d'investisseurs privés sensibilisés à la cause écologique. La plus emblématique étant Leonardo DiCaprio. L'acteur, qui tenait en 2006 le premier rôle du film Blood Diamond - qui dénonce le trafic des diamnats en pleine guerre civile en Sierra Leone en 1999 - , s'est dit «fier» de son investissement qui permet de «réduire le coût humain et environnemental» de l'industrie diamantaire:

Les joailliers sont moins enthousiastes. «Aujourd'hui, les diamants naturels sont vendus avec un certificat de gemmologie établi par un laboratoire indépendant. Le risque c'est que certains diamantaires peu scrupuleux oublient de préciser au consommateur qu'il s'agit de diamant de synthèse. Et l'acheteur aura du mal à faire la distinction. Les diamants synthétiques sont très difficiles à détecter, il faut des appareils très sophistiqués», explique Bruno Pozzera. «Cela risque d'amener de la confusion dans l'esprit des consommateurs. La conjoncture n'est déjà pas très bonne. L'industrie n'a pas besoin de ça», ajoute-t-il.

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