Quand le smic jeunes revient dans le débat via un think-tank libéral

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L’Institut de recherches économiques et fiscales, l'Iref, préconise la mise en place d'un smic jeunes, afin de résorber une partie des 25,7% de chômeurs des 15-24 ans dans l'Hexagone. Sur le modèle de certains voisins européens, où le taux d'emploi de cette tranche d'âge est bien plus important.

Y'aura-t-il un jour un smic jeunes, moins important que le smic actuel ? ( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
Y'aura-t-il un jour un smic jeunes, moins important que le smic actuel ? ( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

"Si la France traitait ses jeunes comme ils le sont en Allemagne, près de 220.000 jeunes supplémentaires auraient un emploi, dont 137.000 seraient en même temps en formation et 365.000 de plus poursuivraient leurs études", indique l'Iref pour qui "l'échec du système français est lié à la faible intégration des professionnels dans le système de formation", rapporte Le Figaro. La solution? Permettre aux entreprises de définir les contenus de formation "en fonction des contraintes et des évolutions locales".

Comme le rappelle Le Figaro ce mardi 22 novembre, "le taux de chômage des jeunes actifs a grimpé de 1,3 point entre juillet et septembre, pour représenter 25,7 % de la classe d'âge, un record - à une exception près - depuis 1996, soit 7 points de plus que la moyenne des pays de l'Union et quatre fois plus, peu ou prou, qu'en Allemagne".

Et le think-tank libéral propose des solutions parmi lesquelles un smic jeunes. En effet, il met en exergue le coût élevé "d'un jeune au salaire minimum, l'un des plus élevés de l'OCDE". Pour y remédier, comme c'est déjà le cas en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, le smic des moins de 26 ans serait donc moins élevé que le smic déjà en place. "Cela permettrait d'augmenter l'emploi des plus jeunes, particulièrement lorsque la formation intègre insuffisamment le secteur privé et qu'en conséquence le diplôme n'est pas un signal pertinent pour les employeurs".

REMIS AU GOÛT DU JOUR ?

L'Iref ajoute une note sur la libéralisation du contrat de travail qu'il juge nécessaire "sans aller jusqu'aux 'contrats zéro heure' de la Grande-Bretagne". Mais il préfère laisser aux entreprises la définition des modalités.

En avril 2014, Najat Vallaud-Belkacem avait qualifié de "provocation inutile" l'idée de la création d'un smic Jeunes soutenue à l'époque par le président du Medef, exprimant sa volonté de travailler plutôt sur l'apprentissage. "Quand je rencontre des chefs d'entreprises, il ne me disent jamais que ce qui les empêche d'embaucher un jeune c'est que le Smic soit trop élevé", a-t-elle assuré. "En revanche, ce que me disent les chefs d'entreprises en question, c'est qu'il ne trouvent pas nécessairement les jeunes avec la bonne formation (...)".

Pierre Gattaz lui y était favorable avec un salaire "transitoire" inférieur au Smic pour encourager l'embauche des jeunes, suscitant des réactions indignées des syndicats.

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  • jackie il y a une semaine

    ne vaut t'il pas mieux payer moins a faire travailler, apprendre un métier, que de les voirs avec des BAc +4 ou +5, chercher un boulot, et indemniser a rein faire, remettons l'apprentissage sur les rails, et arrêtons de faire des bacheliers, et surtout quand on voit le taux de réussite à plus de 80%, je pense qu'il est donné..

  • yeye84 il y a une semaine

    c'est ce qu'on appelle la pensée décomplexée !!! n'importe quel argument devient admissible pour payer moins cher des salariés !!