Quand le milliardaire du foot était rouge…

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Quand le milliardaire du foot était rouge…
Quand le milliardaire du foot était rouge…

Lens et son Azéri invisible, le PSG et ses Qataris omniprésents, Monaco à l'accent russe Le capitalisme du foot français est de plus en plus mondialisé. Même Sochaux, emblématique d'un certain paternalisme patronal bien de chez nous (certes exilé fiscalement en Suisse) va peut-être changer de main. Pourtant, fut un temps, il arrivait que le propriétaire ait d'autre idées en tête que le seul profit. Du moins en principe. Voici la belle et terrible histoire du milliardaire rouge Jean-Baptiste Doumeng, ou comment un homme d'affaire communiste du Sud-Ouest faillit tuer à la fois le foot à Toulouse et en banlieue rouge. L'enfer est pavé de bon internationalisme...

À ce rythme, le TFC et le Red Star semblent destinés à se revoir bientôt en L2, bien que leurs trajectoires sportives soient effectivement contraires. Leurs destins firent même par le passé davantage que se croiser, au point de déboucher en 1967 sur la plus improbable fusion de l'histoire du foot pro. Derrière cette idée folle, un personnage de roman de gare, perdu quelque part entre Cyrano, Rastignac et Depardieu : Jean-Baptiste Doumeng. Le personnage vaut le détour. Fils de métayer de Haute-Garonne, entré en communisme contre l'avis du paternel en 1935, engagé dans la résistance, il prendra la tête après guerre d'un des plus gros groupes agroalimentaires français (Interagra fondé en 1949, soit quarante sociétés et 300 coopératives), après s'être lancé d'abord avec bonheur, en tout cas pour lui, dans l'importation de tracteurs tchécoslovaques (dont nous manquions paraît-il cruellement à la Libération). Un type qui, du haut de sa fortune (à sa mort, en 1987, son " empire " valait l'équivalent de 4,5 milliards d'euros), clamait qu'il préférait sa carte du parti à son siège de PDG, tout en prenant son jet privé pour se rendre à Moscou, ou expliquer en 82 dans l'émission de Polac Droit de réponse " qu'un milliard pour lui, c'est rien ". Car JB avait le sens de la formule : "Mes sociétés sont bien plus que milliardaires et elles ne sont pas communistes, et moi je suis communiste et pas milliardaire".
Le Téf comme moteur à notoriété
Ce paradoxe - bon - vivant, inconditionnel de l'URSS, au point de se fâcher avec le PCF quand il le trouvait trop tiède dans son soutien inconditionnel à la " patrie du socialisme ", savait par exemple s'acoquiner avec les Rothschild pour se rapprocher des Pompidou. Il servait aussi d'intermédiaire à Poniatowski pour les rencontres entre Brejnev et Giscard. Et ce grand amoureux de la vie, des bonnes choses qu'il ne faut pas laisser à la bourgeoisie, des jolies filles sur le port de Saint-Tropez et de l'Internationale sous le soleil couchant du Kremlin, adorait aussi passionnément le foot. Il tenta donc, fidèle à lui-même, d'y laisser sa marque. Son gabarit et son accent l'auraient plutôt orienté a priori vers le rugby. Peut-être que ce sport était déjà trop préempté par les socialistes ? Surtout, sa jeunesse fut d'abord celle d'un tripoteur de ballon rond avant que l'appel de la politique ne se fasse entendre. Un tempérament ne se...


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