Quand le football devient diplomate

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Quand le football devient diplomate
Quand le football devient diplomate

Le New-York Cosmos disputait, ce mardi, un match amical contre l'équipe nationale de Cuba, à la Havane. Un événement sportif historique au service de la normalisation des relations entre deux pays embourbés dans une véritable guerre froide depuis plus d'un demi-siècle.

Réduire le football à un simple sport, c'est bien vite oublié qu'à de nombreuses reprises, le ballon rond s'est confondu avec des événements politiques de premier ordre. Il y a eu ce match entre le Honduras et le Salvador, bien sûr, qui a accouché d'une guerre. Il y a eu les organisations, comme le FLN, qui ont compris que le football était un outil qui pouvait servir leurs causes. Il y a eu cette rencontre de Coupe du monde, en 1998, entre les États-Unis et l'Iran, sur base de réconciliation partielle. On peut également évoquer l'organisation de la Coupe du monde 2002, sur laquelle Corée du Sud et Japon ont dû s'allier, ou ce match entre l'Argentine et le Pérou, en 1964. À cette longue liste d'instants éphémères pendant lesquels football et diplomatie ne faisaient plus qu'un on peut désormais ajouter ce match entre le New York Cosmos et Cuba, le premier entre une équipe américaine et Cuba depuis un match du Chicago Sting, en 1978. 90 minutes pour comprendre ce qu'il se passe vraiment entre l'Oncle Sam et la famille Castro.

La diplomatie du cuir


Le 1er janvier 1959, tôt dans la matinée, les barbudos d'Eloy Gutiérrez Menoyo s'emparent de La Havane. Dans le même temps, Fidel Castro, à la tête de la révolution, s'empare de Santiago et la déclare capitale du pays. Cuba cède à la révolution socialiste, à quelques mètres seulement des frontières du "leader du monde libre", les États-Unis. Un affront impensable, qui force Washington à rompre toute relation diplomatique avec La Havane, en 1961, et qui pousse même l'US Army à se lancer dans une tentative d'invasion à l'issue plus qu'incertaine. Les exilés cubains au service de l'oncle Sam sont écrasés dans la baie des cochons, en avril. Un an plus tard, la crise des missiles fait craindre au monde entier un feu d'artifice bien nocif. Depuis, c'est peu dire que les deux pays se boudent. L'exode de Mariel, la politique des "pieds secs, pieds mouillés" et la loi Helms-Burton illustrent à merveille l'embargo américain en place jusqu'à décembre 2014 et la déclaration choc du président Barack Obama : "Somos todos Américanos." Et comme de nombreux hommes politiques, le locataire de la Maison Blanche a bien compris que le sport pouvait devenir un outil diplomatique de premier choix pour illustrer sa politique.

Alors, quand le New York Cosmos atterrit à La Havane, lundi soir, une foule compacte se presse pour voir…




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