Quand la mafia napolitaine infiltre la pénitentiaire

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    ROME, 24 mai (Reuters) - La justice italienne a annoncé 
l'ouverture d'une enquête sur le déroulement d'un concours de 
recrutement organisé le mois dernier par l'administration 
pénitentiaire que la mafia est soupçonnée d'avoir infiltré. 
    Quelque 7.700 jeunes gens étaient inscrits pour l'une des 
400 places de gardien de prison en jeu. Mais 88 d'entre eux ont 
été surpris en flagrant délit de fraude, au moyen d'antisèches 
dissimulées dans des bracelets et des coques de téléphones 
portables. Certains s'étaient équipées de récepteurs 
miniaturisés et étaient en contact avec l'extérieur. 
    La justice italienne soupçonne la mafia napolitaine de 
s'être procuré les questions du concours et d'avoir tenté de 
faire entrer certains des siens dans les rangs de la 
pénitentiaire. Quelque 7.000 membres de la Camorra sont détenus 
dans les prisons italiennes. 
    Le clan aurait aussi vendu les réponses à d'autres 
candidats, sans lien avec lui. Les sommes réclamées en échange 
auraient atteint 25.000 euros. 
    Les procureurs de Rome n'ont divulgué aucun détail sur 
l'enquête mais le ministère de la Justice a annoncé son 
intention de faire annuler le concours. 
    "C'est honteux", a déclaré Donato Capece, secrétaire général 
du Syndicat autonome de la police pénitentiaire (Sappe), le 
premier syndicat de l'administration pénitentiaire. 
    L'affaire illustre les formidables enjeux qui entourent les 
concours d'entrée dans la fonction publique dans un pays où le 
chômage touche près de 40% de la jeunesse. Des candidats sont 
prêts à débourser de fortes sommes pour obtenir la garantie 
d'emploi que permettent ces concours. 
 
 (Steve Scherer; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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