Quand la dépression mène à la mise en bière

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La dépression n'est pas la blessure la plus connue sur les terrains de football, mais elle peut être la plus dramatique. Tentative d'explication des mécanismes de cette maladie et de ses liens avec le football.

C'est un triste chiffre qu'a dévoilé la FIFPro en avril 2014 : selon le syndicat international des joueurs professionnels, 26% d'entre eux seraient touchés par des phases d'anxiété ou de dépression, bien loin de l'image du joueur gâté et trop payé communément projetée. Paul Gascoigne, Adriano, Sebastian Deisler ou Kévin Anin ne sont que quelques illustrations parmi d'autres d'un phénomène à la fois répandu et méconnu. Au vrai, il faut en arriver à des situations extrêmes pour que le tabou soit brisé. Ainsi en Allemagne où, suite au suicide de Robert Enke, il a été décidé de la mise en place obligatoire d'un psychologue au sein de chaque club professionnel. Décision qui n'a pas empêché Andreas Biermann de se donner la mort en 2013. C'est que la dépression est une maladie difficile à cerner, à soigner, pire, à évoquer. Surtout dans le football.

De la dépression à la destruction


Alexandre Le Jeune, psychopathologue du sport au centre médical de Clairefontaine, définit la dépression en ces termes : " C'est un trouble de l'humeur, une forme d'état que l'on pourrait qualifier de mélancolique, une tendance à s'enfermer dans un cercle vicieux. " Un mot clé, la résilience, c'est-à-dire la capacité à faire face à des situations difficiles : " Elle est fortement déterminée par l'estime de soi. Il existe de grosses corrélations entre l'estime de soi et l'état dépressif. " Jusqu'à mener, potentiellement, au suicide. Et si le geste de Gary Speed, retrouvé pendu dans son garage en 2011, n'a jamais pu être expliqué, le sélectionneur du pays de Galles de l'époque n'affichant aucun signe annonciateur de son geste, le chemin vers cette sortie précipitée est plutôt jalonné.

" Le processus suicidaire se déroule en plusieurs phases. Il y a d'abord la recherche de solutions, par la rationalisation ou le soutien social. Si ça n'est pas efficace, arrive la phase de l'idéation suicidaire, c'est-à-dire la première image de la mort possible. Une image soudaine, passagère. La 3e phase est celle de la rumination. C'est la prise de conscience que la crise se maintient, l'impression qu'on a épuisé toutes les situations possibles, là où l'idée devient plus récurrente. Dans une 4e phase de la cristallisation, la personne est submergée par ce désespoir. Le suicide apparaît comme l'unique solution, on pense à la manière de s'y prendre pour mettre fin à cette souffrance psychologique considérable. La 5e phase…




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