Qu'attend-on exactement de la BCE aujourd'hui ?

le , mis à jour à 12:44
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Qu'attend-on exactement de la BCE aujourd'hui ?
Qu'attend-on exactement de la BCE aujourd'hui ?

Depuis plusieurs jours, les investisseurs attendent avec impatience la décision de la BCE qui sera annoncée aujourd’hui à 13h45 et suivie d’une conférence de presse de son président Mario Draghi entre 14h30 et 15h30. Même si les attentes sont faibles, d'importants sujets seront évoqués.

Aujourd’hui, la BCE « ne devrait pas prendre de décisions spectaculaires » estimait dernièrement Aurel BGC dans une note de marché. « En cela, [elle] ne décevra ni ne surprendra les investisseurs, qui n’attendent rien » tranchait d’emblée le courtier.

Pourtant, même si les investisseurs n’attendent aucune modification des taux directeurs de la BCE aujourd’hui (annonce attendue à 13h45), ils resteront à l’écoute d’indications à ce sujet lors de la conférence de « Super Mario » à partir de 14h30.

La BCE doit encore lancer le « TLTRO 2 » et le rachat d’obligations privées

Les taux directeurs de la BCE ont déjà été abaissés en mars dernier à des niveaux historiquement bas : -0,40% pour le taux de rémunération des dépôts et 0% pour le taux de refinancement (principal taux directeur de la BCE).

Un abaissement des taux aurait théoriquement pour but de soutenir une accélération de l’inflation en zone euro, mais cette inflation pourrait désormais redémarrer d’elle-même suite à la hausse des cours du pétrole enregistrée ces derniers mois. Il semble donc impossible que la BCE décide de nouveau d’agir aujourd’hui dans ce domaine.

« Certaines des mesures décidées par la banque centrale en mars n’ont pas encore été toutes mises en œuvre » rappelle par ailleurs Aurel BGC, faisant allusion au plan de « TLTRO 2 » et à l’achat d’obligations du secteur privé dans le cadre du « quantitative easing ». Raison de plus pour qu'aucune nouvelle annonce n'intervienne aujourd’hui.

La BCE laissera-t-elle encore la porte ouverte à une hypothétique baisse de taux ?

Malgré tout, les investisseurs seront attentifs aux nouvelles prévisions économiques de la BCE, qui avaient été abaissées suite à l’épisode de stress financier de janvier-février. « Or, après l’affaiblissement intervenu en début d’année, les résultats des enquêtes de conjoncture se sont redressés ces deux derniers mois » remarque Aurel BGC. La BCE en profitera-t-elle pour relever ses prévisions de croissance et d’inflation ? Sujet à suivre.

Par ailleurs, le président de la BCE avait laissé entendre dans ses derniers discours que la BCE pourrait encore abaisser ses taux directeurs à l’avenir si le besoin venait à s’en faire sentir. Il sera intéressant de voir si Mario Draghi conservera aujourd’hui cette idée dans son discours.

Si cette idée est maintenue, les investisseurs pourraient montrer un léger enthousiasme à l’idée que la BCE est toujours « prête à tout » pour essayer de redynamiser l’économie européenne, même si elle a déjà abattu de nombreuses cartes en mars.

A l’inverse, si la mention d’une hypothétique baisse des taux à l’avenir est supprimée du discours de « Super Mario », les investisseurs pourraient avoir le sentiment que la BCE est arrivée au maximum de son plan de relance monétaire. Dans ce cas, les marchés actions devraient être pénalisés.

Dans tous les cas, la volatilité des marchés actions devrait rester contenue par rapport aux précédentes réunions de la BCE du fait qu’aucune annonce majeure ne devrait accompagner les propos du président de la BCE.

Des réponses à attendre sur l'effet des taux négatifs et la dette grecque

Des éléments d’analyse intéressants pourraient venir de la traditionnelle séance de questions-réponses de Mario Draghi avec les journalistes économiques présents sur place :

« Mario Draghi et Vitor Constancio [vice-président de la BCE, ndlr] devraient avoir à répondre à des questions sur l’impact des taux directeurs et rendements obligataires négatifs sur le système financier en général, sur le comportement d’épargne des ménages et d’investissement des entreprises, mais aussi sur la profitabilité des banques » estime Aurel BGC.

Enfin, « Mario Draghi devrait faire face à des questions sur l’accord conclu entre le gouvernement grec est ses créanciers internationaux pour alléger la charge de sa dette » termine le courtier.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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