Qatar, Platini, élection : les phrases à retenir de Blatter

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Sepp Blatter a accordé mercredi un long entretien à L'Equipe. L'occasion pour le président démissionnaire de la FIFA de balayer tous les sujets autour de sa fin de règne, à deux jours de l'élection qui le poussera dehors pour de bon.

L’ère Sepp Blatter touche bientôt à sa fin. Président démissionnaire de la FIFA depuis le 2 juin dernier, le Suisse qui fêtera ses 80 ans le 10 mars prochain ne le sera officiellement plus vendredi, jour d’élection au sommet de la Fédération internationale. Une forme soulagement pour le Valaisan, affecté par sa situation personnelle et celle de son institution, attaquée de toutes parts depuis neuf mois. « Finalement, je suis content qu’on arrive à cette date, lâche-t-il dans un long entretien accordé à L’Equipe mercredi. J’en ai marre qu’on m’appelle « le président suspendu ». Désormais, je serai l’ancien président et le suspendre ne sert à rien. » Blatter reste provisoirement suspendu huit ans par la commission d’éthique de la FIFA, en attendant que son appel soit étudié. Mais il a bien conscience qu’il n’a plus rien à faire dans le monde du football, sa santé lui montrant des signes clairs de lassitude.

« Pour Platini, la porte est fermée »

Dans sa chute, il a entraîné Michel Platini, son ancien protégé qui a voulu « tuer le père », selon l’expression consacrée. Le versement suspect de 1,8 million d’euros fait à l’ex-capitaine des Bleus par la FIFA en 2011 a provoqué la suspension des deux hommes. Mais Blatter ne le regrette pas pour autant. « J’ai décidé qu’on lui devait cet argent. C’est un fait divers, un fait comptable, financier, qui n’a rien à voir avec l’éthique. On en parle dans le monde entier, mais pour rien. » D’après l’ancien journaliste, Platini a payé cher son manque de courage. « En vérité, il n’y a pas de grande différence entre Michel et moi, mais à un moment donné, il est devenu un peu méchant. Il ne voulait plus que je sois là. En fait, il luttait contre lui-même car il aurait dû avoir le courage de se présenter. Il ne l’a pas eu. A l’intérieur de lui, ça a dû durement « travailler ». Michel était meilleur joueur que politicien. Tout ça, ça s’apprend, mais il a toujours té un enfant gâté, choyé, par tout le monde. On le portait. Il n’a jamais été dans la lutte. Mon successeur présumé, c’était Michel. Mais pour ça, il fallait qu’il assume. Pour lui, maintenant, la porte est fermée. »

« Si on avait voté comme prévu pour les Etats-Unis... »

C’est le résultat d’un long processus entamé avec la désignation du Qatar comme pays organisateur de la Coupe du Monde 2022. Les ennuis ont débuté à cet instant précis d’après Blatter. « Quand le Qatar a gagné, je me suis dit : « Les difficultés commencent. » Pour moi, ç’aurait été si bien d’avoir les deux grands « blocs » qui organisent chacun leur Coupe du Monde et qui font le Handshake for Peace. Mais tout à coup, tout ça s’est effondré. Si on avait voté comme prévu pour les Etats-Unis, les Américains n’auraient pas eu de raison d’attaquer la FIFA, puisqu’ils auraient eu leur Coupe du Monde. Et moi, j’aurais fini mes quatre dernières années de mandat tranquillement. » Au lieu de cela, le natif de Viège quitte la FIFA en pestiféré. Mais il espère maintenant que son honneur sera rétabli pour pouvoir s’offrir une sortie plus digne. « J’aurais rêvé qu’on me dise au revoir dans un des congrès de la FIFA. Mais je me dis que, comme il y en a plusieurs chaque année, quand je serai rétabli par la justice, on m’invitera. J’attends encore ce final, car ce n’est pas fini. » Tenace, toujours...

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