Pyongyang aurait déployé des missiles sur sa côte Est

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MENACE BALISTIQUE
MENACE BALISTIQUE

par Ronald Popeski

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord a demandé vendredi aux ambassades étrangères à Pyongyang d'envisager un départ de leur personnel dans le cas d'un conflit, dernière en date de ses annonces bellicistes.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse Chine nouvelle, a estimé que "la question, aujourd'hui, n'est pas de savoir si une guerre éclatera dans la péninsule coréenne, mais quand elle éclatera", cela du fait de "la menace croissante des Etats-Unis".

La Corée du Nord a installé en début de semaine deux missiles sur un train et les a placés sur des lanceurs de missile, sur la côte de la mer du Japon, rapportent les médias de Séoul, qui citent des sources proches des services de renseignement sud-coréens.

Il pourrait s'agir de missiles Musudan, dont la portée, estimée à environ 3.000 km, placerait l'intégralité de la Corée du Sud et du Japon à sa portée, voire l'île américaine de Guam si leur charge était allégée.

Les Américains disposent de bases en plusieurs endroits de l'archipel nippon, notamment sur l'île d'Okinawa.

Il pourrait aussi s'agir de missiles KN-08, qui seraient des missiles balistiques intercontinentaux. Le ministère sud-coréen de la Défense a exclu cette hypothèse.

Dans les deux cas, Musudan ou KN-08, ces armes n'ont pas encore été testées par les Nord-Coréens.

Selon des responsables occidentaux et des experts des questions de sécurité, les menaces de la Corée du Nord de frapper les Etats-Unis à l'aide d'armes nucléaires sont purement rhétoriques car le régime communiste n'a pas les moyens de les traduire en actes. Ses missiles pourraient atteindre cependant des territoires américains comme Guam, Hawaï ou l'Alaska.

10 AVRIL DATE BUTOIR

Dernières en date des annonces inquiétantes venant de Pyongyang, celles relatives au personnel des ambassades. Les autorités nord-coréennes ont demandé aux missions diplomatiques à Pyongyang qui souhaiteraient le faire de présenter leurs plans de rapatriement de personnel au plus tard le 10 avril.

La Corée du Nord a même fait savoir à la Grande-Bretagne qu'elle ne pourrait plus garantir la sécurité de ses diplomates en cas de conflit au-delà de cette date, dit le Foreign Office.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie était en contact étroit avec les Etats-Unis, la Chine, la Corée du Sud et le Japon concernant les requêtes nord-coréennes sur l'évacuation des ambassades.

Certains observateurs mettent en garde, étant donné l'extrême tension qui règne dans la péninsule coréenne, contre un risque de déclenchement accidentel d'un conflit.

La communauté internationale, relèvent des coréanologues, a toutefois du mal à comprendre ce qui se passe réellement au sein même du régime nord-coréen.

Les satellites et les services secrets fournissent des précisions sur l'armement, mais les intentions de ceux qui dirigent la Corée du Nord demeurent obscures.

DEUX "NOVICES" AU POUVOIR

Fils et petit-fils de dirigeants suprêmes nord-coréens, l'actuel numéro un du régime, Kim Jong-un, a à peine 30 ans et n'a peut-être pas encore eu le temps d'asseoir son pouvoir face aux chefs de l'armée nord-coréenne.

"Nous ne comprenons pas du tout ce nouvel homme fort. Et si les Nord-Coréens se livrent à une provocation contre le Sud, le Sud ripostera comme il ne l'a encore jamais fait", estime Victor Cha, ancien directeur du département asiatique au Conseil national de sécurité de la Maison blanche.

La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, qui est la fille de l'ancien dictateur sud-coréen Park Chung-hee, a annoncé voici quelques jours qu'en cas de provocation du Nord, la riposte militaire du Sud serait forte et rapide.

Les dirigeants des deux Corées sont l'un et l'autre des nouveaux venus sur la scène politique.

Le jeune Kim Jong-un a succédé à son père Kim Jong-il après le décès de celui-ci en décembre 2011, et, en Corée du Sud, Park Geun-hye a été élue à la présidence à la mi-décembre 2012 et n'a pris ses fonctions qu'au début de cette année.

Si peu d'observateurs pensent que la Corée du Nord a réellement l'intention de lancer une offensive militaire, l'inquiétude finit par grandir face à l'intensification des menaces brandies par Pyongyang.

La rhétorique belliciste du Nord pourrait durer jusqu'à la fin avril et la conclusion de manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, qui ont fortement irrité le régime de Pyongyang, tout comme les nouvelles sanctions internationales adoptées par le Conseil de sécurité de l'Onu après l'essai nucléaire nord-coréen de la mi-février, le troisième depuis 2006.

Avec Guy Faulconbridge et Peter Apps à Londres et la rédaction de Séoul, Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M2280901 le vendredi 5 avr 2013 à 17:34

    la vitrification est la seule réponse