Pyongyang a pu engager des "hackers" étrangers pour pirater Sony

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(Actualisé avec experts en sécurité informatique) WASHINGTON/BOSTON, 30 décembre (Reuters) - La Corée du Nord, accusée par le FBI d'être à l'origine de l'attaque informatique contre Sony Pictures, a probablement recruté des pirates informatiques étrangers pour s'introduire dans le réseau du studio hollywoodien, a-t-on appris de source proche des enquêteurs américains lundi. Pyongyang n'ayant pas les capacités de conduire seule une attaque d'une telle ampleur, les enquêteurs américains étudient la possibilité que la Corée du Nord ait "sous-traité" une partie du travail, ajoute ce responsable s'exprimant sous couvert de l'anonymat. L'attaque dont a été victime Sony Pictures le 24 novembre dernier a été revendiquée par le groupe des "Guardians of peace" (les gardiens de la paix), qui dit avoir agi pour empêcher la diffusion du film "The Interview", une comédie où deux journalistes sont recrutés par la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Cette cyberattaque est considérée comme l'une des plus importantes jamais menées contre une entreprise sur le territoire américain. Les pirates ont non seulement volé une grande quantité de données mais également effacé le contenu de disques durs et mis hors service le réseau du studio américain durant plus d'une semaine. "Le FBI a conclu que le gouvernement de Corée du Nord était responsable du vol et de la destruction de données qui se trouvaient sur le réseau de Sony Pictures Entertainment", a réaffirmé lundi le FBI. Mais la Corée du Nord nie être à l'origine de la cyberattaque et des experts en sécurité informatique s'interrogent sur la crédibilité des accusations du FBI. La société de conseil Taia Global, qui a procédé à une analyse linguistique des messages laissés par les hackers, estime plus probable qu'ils viennent de Russie que de Corée du Nord. La firme spécialisée dans la cybersécurité Norse pense pour sa part que les pirates ont bénéficié d'un ou de plusieurs complices au sein de Sony. "Je pense que le gouvernement a agi trop vite en annonçant sans équivoque, et avant que l'enquête ne soit bouclée, que la Corée du Nord était derrière (cette attaque)", note Mark Rasch, un ancien procureur fédéral chargé de la lutte contre la cybercriminalité. "Il existe de nombreuses théories sur les auteurs de cette attaque et leur mode d'action. Le gouvernement doit toutes les étudier", ajoute-t-il. En pointant nommément la Corée du Nord, le 19 décembre, le FBI a dit s'appuyer sur des données provenant de diverses sources, dont des agences de renseignement, le département américain de la Sécurité intérieure, des partenaires étrangers et le secteur privé. "Il n'existe pas d'élément crédible permettant d'envisager que qui que ce soit d'autre soit responsable de cette cyberattaque", a réaffirmé lundi le Bureau fédéral d'investigation. (Mark Hosenball à Washington et Jim Finkle à Boston; Agathe Machecourt et Henri-Pierre André pour le service français)

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