Puissant séisme au large d'Aceh, alerte au tsunami

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PUISSANT SÉISME AU LARGE DE LA PROVINCE INDONÉSIENNE D'ACEH
PUISSANT SÉISME AU LARGE DE LA PROVINCE INDONÉSIENNE D'ACEH

DJAKARTA (Reuters) - Un puissant séisme de magnitude 8,6, suivi de fortes répliques, a frappé mercredi au large des côtes de la province d'Aceh, relançant les craintes d'un tsunami dévastateur comparable à celui de 2004.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a fait savoir qu'aucune victime et qu'aucun dégât n'étaient signalés pour le moment à Aceh, le point le plus proche du séisme qui s'est produit en mer. Mais une réplique d'une puissance presque aussi forte, située à une profondeur moindre, s'est produite peu après la fin de son intervention.

La secousse initiale a eu lieu à 08h38 GMT, avec une réplique de magnitude 8,2 deux heures plus tard à 10h43 GMT. Deux autres fortes répliques sont intervenues par la suite.

Le Centre d'alerte au tsunami du Pacifique a lancé de nouvelles alertes pour l'ensemble de l'océan Indien après les répliques.

En Indonésie, les autorités ont fait état d'une montée des eaux au large d'Aceh inférieure à un mètre.

Dans les îles d'Andaman et de Nicobar, sous souveraineté indienne, dans le sud du golfe de Bengale, on craint l'arrivée de vagues de 3,9 mètres de haut.

Le risque de tsunami persiste pour une partie du littoral de Sumatra, estime pour sa part l'Institut américain de géophysique (USGS), qui ne s'attend pas à des dégâts étendus sur le pourtour de l'océan Indien.

"Jusqu'ici, tout ce qu'on a vu est de l'ordre d'environ un mètre", a déclaré Barry Hirshon, géophysicien à l'USGS, en se référant aux mesures des vagues à partir de jauges installées sur des bouées.

"Nous ne nous attendons pas à des dégâts étendus à tout le bassin mais le danger existe près de l'épicentre. Aussi, existe-t-il un risque de tsunami le long des côtes les plus proches du séisme, à savoir dans le nord de l'île de Sumatra", a-t-il dit.

La Thaïlande, l'Indonésie, le Sri Lanka et l'Inde ont lancé individuellement des alertes an tsunami.

L'aéroport international de l'île thaïlandaise de Phuket, très prisée des touristes occidentaux, a été fermé au trafic par les autorités.

Sur le pourtour africain de l'océan Indien, le Kenya et la Tanzanie ont fait de même.

A La Réunion, on craint aussi l'onde du tsunami survenu au large de l'Indonésie qui, amortie par la distance, pourrait toucher les côtes de ce département français entre 19H00 et 20H00 locales (entre 15H00 et 17H00 GMT), a annoncé la préfecture de l'île.

Le préfet de La Réunion a déclenché mercredi à 15h00 (11H00 GMT) le niveau 2 (alerte orange) du plan ORSEC Tsunami.

La plus grande prudence est demandée aux personnes habitant à proximité immédiate du rivage ainsi qu'aux établissements hôteliers de bord de mer. La baignade, les promenades en mer et les loisirs nautiques seront interdits près des côtes à partir de 18h00 (14H00 GMT).

Les secousses de mercredi ont eu lieu à un demi-millier de km au sud-ouest de la ville de Banda Aceh, à l'extrême nord de Sumatra. La première, d'après l'USGS, s'est produite à 33 km de profondeur.

Le courant électrique a été interrompu dans la province d'Aceh, où la population s'est réfugiée sur les hauteurs et les sirènes d'avertissement ont été déclenchées. Dans les mosquées du plus important pays musulman de la planète, les fidèles récitent des sourates du Coran.

En décembre 2004, un tremblement de terre de magnitude 9,1, suivi d'une vague géante, avait fait environ 230.000 morts sur le pourtour de l'océan Indien.

Rédactions de Djakarta, Bangalore et Bangkok, Bertrand Boucey et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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