Publicis optimiste pour 2013 en dépit des maux européens

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Publicis optimiste pour 2013 en dépit des maux européens
Publicis optimiste pour 2013 en dépit des maux européens

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Publicis est optimiste sur le niveau des investissements publicitaires l'an prochain en dépit des difficultés persistantes de la zone euro et de l'absence d'événements exceptionnels susceptibles de doper le secteur, a déclaré mardi son président du directoire Maurice Lévy.

Le troisième groupe publicitaire mondial se montre toutefois prudent face à la situation difficile de la Grèce, de l'Italie et de l'Espagne dont les difficultés pourraient se propager au reste de la région, a prévenu le dirigeant de Publicis, qui a toutefois jugé ce scénario pour l'instant peu probable.

"Pour l'heure, je vois 2013 de façon assez positive", a déclaré Maurice Lévy à l'occasion du sommet des médias et des technologies organisé par Reuters du 11 au 14 juin à New York Londres et Paris.

"Les projets pour l'an prochain, tels que nous les voyons aujourd'hui même s'ils ne sont pas encore finalisés, nous mettent sur la voie d'une année 2013 plus solide que 2012, même sans le soutien d'événements quadriennaux tels que les élections aux Etats-Unis ou les Jeux olympiques", a-t-il ajouté.

Selon les dernières prévisions de l'agence ZenithOptimedia, filiale de Publicis, les dépenses publicitaires pourraient croître de 5,3% en 2013, en progression par rapport aux 4,8% attendus pour 2012, année pourtant marquée par la conjonction de plusieurs événements exceptionnels dont l'Euro de football, les Jeux olympiques de Londres et les élections aux Etats-Unis.

Certains analystes s'inquiètent toutefois d'un possible essoufflement l'an prochain sous l'effet de la dégradation de la conjoncture économique en Europe, des menaces de ralentissement dans certains pays émergents et de la perspective de coupes budgétaires aux Etats-Unis.

Martin Sorrell, directeur général du numéro un mondial WPP, a exprimé sa prudence un peu plus tôt dans l'année concernant 2013, évoquant notamment l'absence d'événements exceptionnels susceptibles de donner un coup de pouce au secteur.

Publicis compte pour sa part sur une nouvelle offre élargie de services qu'il devrait bientôt dévoiler en vue de capter davantage de revenus et ainsi améliorer sa marge, qui est attendue stable pour 2012 à 16%.

"Nous sommes en train de développer une nouvelle stratégie qui devrait porter ses fruits à l'avenir. J'ai personnellement bon espoir que nous puissions accélérer notre croissance", a expliqué Maurice Lévy, en précisant toutefois qu'il était trop tôt pour donner des prévisions pour 2013.

LES JO S'ANNONCENT PORTEURS

Le groupe a comme il l'avait anticipé enregistré un ralentissement de son activité au deuxième trimestre, pénalisé par les turbulences dans la zone euro, en particulier dans les pays du Sud.

"La Grèce est en pleine confusion, l'Italie souffre et l'Espagne est confrontée à d'importants problèmes", a décrit Maurice Lévy.

"Quand il n'y a pas de demande, quand les gens n'ont pas d'argent, il est très difficile de vendre quoi que ce soit", a-t-il ajouté, tout en rappelant que ces trois pays représentaient une part limitée des revenus du groupe.

Alors que l'activité aux Etats-Unis est restée stable par rapport au premier trimestre, Publicis a constaté une décélération dans certains pays à forte croissance comme la Chine.

Le groupe anticipe toutefois un rebond au deuxième semestre qui devrait lui permettre d'enregistrer une croissance organique supérieure à la moyenne du marché sur l'ensemble de 2012, a réaffirmé Maurice Lévy.

Publicis espère notamment bénéficier des retombées des Jeux olympiques de Londres qui débuteront le 27 juillet.

"Nous devrions avoir un investissement supérieur à celui des derniers Jeux olympiques", a-t-il dit. "Il y a une bonne progression dans tous les chiffres qui sont anticipés pour le moment".

Maurice Lévy a par ailleurs confirmé que le processus de sélection de son successeur serait officiellement lancé après l'été, ajoutant qu'il était difficile de dire combien de temps il pourrait durer.

"Je pense qu'il y a suffisamment de talents, et de grands talents au sein de Publicis, pour ne pas aller voir ailleurs", a-t-il estimé.

édité par Jean-Michel Bélot

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