Publicis entamera à l'été sa quête d'un successeur pour Lévy

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par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, a annoncé mercredi que le processus de désignation de son futur successeur serait engagé au début de l'été prochain mais qu'aucune date n'avait été arrêtée pour l'aboutissement de cette sélection.

En 85 années d'existence, le troisième groupe publicitaire mondial n'a connu que deux dirigeants à sa tête, son fondateur Marcel Bleustein-Blanchet et, depuis 1988, Maurice Lévy, dont le mandat vient d'être renouvelé pour quatre années supplémentaires.

Invité du sommet Reuters sur les médias, l'homme fort de Publicis, qui aura 70 ans an février prochain, a indiqué que le calendrier du passage de flambeau à la tête du groupe serait en grande partie déterminé par l'avancement du processus de désignation.

"Nous n'avons pas décidé si cela durerait six mois ou deux ans... Ce sera au conseil et à moi-même de décider si je mènerai mon mandat à terme ou non", a déclaré Maurice Lévy lors de l'étape parisienne du sommet.

Le groupe examinera dans un premier temps une liste de candidats issus de Publicis, avant de décider si un élargissement à des candidatures externes est nécessaire.

"Je crois que mon successeur sera choisi en interne, je suis très confiant là-dessus", a déclaré Maurice Lévy en précisant que son successeur ne serait pas obligatoirement de nationalité française.

Parmi les noms qui circulent, celui de Jean-Yves Naouri, son numéro deux, revient avec insistance, notamment depuis que ses compétences ont été élargies en mars dernier à la présidence exécutive de Publicis Worldwide.

Les autres membres du directoire, où siègent notamment le patron de Vivaki, Jack Klues, et celui de Saatchi & Saatchi Worldwide, Kevin Roberts, pourraient également faire figure de candidats potentiels, de l'avis d'analystes.

Le processus de désignation devrait dans tous les cas prendre plusieurs mois.

"Il (Maurice Lévy) pourrait encore être là dans quelques années et d'ici-là, l'environnement pourrait s'être stabilisé, ce qui rendrait la décision moins sensible", estime Simon Baker, de Crédit Suisse.

Maurice Lévy devait à l'origine céder les rênes du groupe d'ici la fin de cette année mais les turbulences économiques ont convaincu le groupe de prolonger une nouvelle fois son mandat afin qu'il reste à la barre de Publicis le temps que l'horizon s'éclaircisse.

FIN D'ANNÉE TENDUE

"Tout était prévu pour que je parte à la fin de 2011, mais le conseil de surveillance a commencé à penser en juin que la crise durerait plus longtemps que prévu et que, pour la traverser, il valait mieux avoir quelqu'un d'expérimenté en la matière", a expliqué le dirigeant de Publicis.

Maurice Lévy a confirmé que le groupe comptait faire mieux que le marché cette année et l'an prochain en dépit d'une fin d'année tendue sous l'effet des problèmes de dette souveraine en Europe, où le groupe réalise près d'un tiers de ses revenus.

La croissance du marché publicitaire mondial devrait s'établir entre 3,4% et 3,5% sur l'ensemble de 2011 contre 3,6% attendu jusque-là, a précisé le patron de Publicis, qui dit avoir constaté "une érosion" des dépenses publicitaires de ses clients, sans commune mesure cependant avec les coupes brutales enregistrées en 2008-2009.

"La situation de nos clients est très différente de ce qu'elle était à la fin 2008 (...) Pendant la dernière crise, nos clients ont fait un excellent travail de reconstruction de leurs niveaux de trésorerie (...) Le risque d'effondrement de l'une de ces grandes entreprises est très limité", a-t-il expliqué.

Il table sur une accélération pour 2012, année marquée entre autres par les Jeux olympiques de Londres, l'Euro 2012 de football et les élections aux Etats-Unis, avec une croissance du marché attendue entre 4,5% et 5,0%.

Le groupe prévoit de poursuivre ses acquisitions l'an prochain mais à un rythme sensiblement moins soutenu que cette année, marquée notamment par l'acquisition de l'américain Rosetta pour 405 millions d'euros.

S'il estime avoir bouclé la majorité de ses emplettes au Brésil, il espère en revanche se renforcer en Inde, en Russie et en Chine notamment à travers des acquisitions ciblées.

Avec Marie Mawad, édité par Marc Angrand

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