PSG : Jean-Claude Blanc ne veut pas s'arrêter au handball

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PSG : Jean-Claude Blanc ne veut pas s'arrêter au handball
PSG : Jean-Claude Blanc ne veut pas s'arrêter au handball

Jean-Claude Blanc, est-ce que le PSG a la volonté d?élargir son spectre pour devenir un grand club omnisports ?
A terme, oui. On ne va pas s?arrêter au handball mais on va prendre le temps pour le faire. Il n?y a pas de timing particulier ou une liste de sports définie. Nous pensons que Paris mérite un grand club. Au niveau européen, on peut se rapprocher des grands clubs espagnols qui sont nés omnisports. Mais le PSG a aussi une histoire de qualité au niveau omnisport notamment avec Charles Biétry. On pense qu?il y a la place dans cette capitale de construire un grand club plus large que simplement le football. Tout ça doit se faire en gardant les valeurs du sport et de l?olympisme que l?on doit retrouver à travers l?ensemble des joueurs. C?est un chemin qui se fera dans le temps et avec la volonté des clubs qui le souhaitent. Pour le hand, c?est le Paris Handball qui a sollicité le PSG pour faire des choses ensemble. On écoutera à chaque fois que des clubs voudront nous parler. On se donne le temps pour construire, à Paris, quelque chose d?assez unique en France. Le football va drainer derrière lui d?autres sections professionnelles de grande qualité, reliées à chaque fois à un coté formation et éducatif pour tirer la discipline vers le haut.

Pour le PSG Foot, votre ambition était de faire partie des cinq meilleurs clubs d?Europe dans quelques années. Etant donné le fonctionnement et la concurrence dans le hand, est-ce que vous visez plus haut et dans un délai plus court avec le PSG Handball ?
Il faut un peu de temps. Sur la spécificité handball, nous devons structurer le club. C?est ce que nous avons essayé de faire en quelques semaines. Il y a encore 90 jours, le PSG Handball n?existait pas et le Paris Handball était en grande difficulté. On a réussi à sauver le club et le relancer. Aujourd?hui, on est présent et compétitif mais on sait qu?il faudra du temps. Il faut qu?on intègre l?ensemble des attentes d?un grand club de handball à Paris. Au niveau de la billetterie, des médias, des conditions d?entraînement, des ressources humaines? On est attentif à ce qui se fait en Europe et humble par rapport à ce que peut réaliser Kiel par exemple. Nous allons avancer avec l?humilité et la détermination nécessaire pour grandir vite et être digne de ce maillot.

L?humilité, c?est une manière de vous enlever un peu de pression. Avec votre équipe, tout le monde vous voit comme le favori ou au moins un des favoris ?
On va s?enlever la pression tout seul. Le titre devrait se jouer entre les écuries déjà bien rôdées d?autant plus que certaines se sont bien renforcées. Nous sommes un challenger avec du talent et des qualités. Sans se prendre pour Guy Roux, nous allons prendre ça match après match. Pour nous, une saison ratée, ce serait de ne pas être digne du PSG de part l?attitude sur et en dehors du terrain. Les joueurs ont une valeur d?exemple pour l?ensemble des spectateurs et des jeunes. Il serait également vraiment dommage de ne pas faire le lien entre l?expérience des grands joueurs que nous avons recruté et le centre de formation. Après, si ça brille sur le terrain, on sera content mais il ne faudra pas oublier certains fondamentaux comme l?exemplarité, la combativité.

« On ne s?interdit pas d?aller jouer à Bercy »

Vous allez aider à remplir les salles mais aussi peut-être vider celles de vos voisins parisiens (ndlr : Ivry, Tremblay, Créteil). Quelles relations entretenez-vous avec eux ?
On a pu échanger avec eux lors des rassemblements à la Ligue mais sinon nous n?avons pas de relations quotidiennes à cause de l?agenda qui est bien rempli ces dernières semaines. Il y a un bassin de plus de douze millions de personnes autour de Paris. Il y a la place pour qu?il y ait de très grands clubs de handball à Paris. Les salles ne sont pas immenses. Au handball français et parisien, de bénéficier de ce coup de projecteur. On jouera notre rôle avec les autres clubs autour de Paris afin d?évaluer ce que nous pouvons faire avec eux en matière de formation et d?échange. On souhaite participer au développement de la Ligue. Sur le terrain, nous serons compétiteurs mais en dehors nous serons partenaires pour essayer de faire progresser la discipline.

Pensez-vous vous doter d?une salle à la hauteur de vos ambitions ou bien délocaliser quelques matchs à Bercy ?
Nous souhaitons continuer à jouer à Coubertin qui est une salle capable d?accueillir 3500 personnes. On va s?attacher à ce qu?elle soit pleine à chaque match. On veut que Coubertin soit l?écrin dans lequel cette équipe va fleurir les prochains mois et les prochaines années. Quant à Bercy, on ne se l?interdit pas. Pour le choc face à Montpellier, nous avons regardé si Bercy était disponible, malheureusement ce n?était pas le cas. On ne s?interdit pas à l?avenir d?aller à Bercy notamment pour la promotion du handball. Il faut donner la meilleure scène possible à ces athlètes pour s?exprimer et donner du plaisir. Mais Coubertin restera la salle où nous jouerons l?intégralité de nos matchs.

« Le Paris Saint-Germain crée beaucoup d?emplois »

Les footballeurs, footballeuses et handballeurs ont des objectifs revus à la hausse. Comment gérez-vous les nouvelles ambitions très élevées de ces équipes ?
En équipe ! Il faut déjà noter que le président Nasser Al-Khelaifi est présent sur l?ensemble des disciplines. On a la chance de pouvoir se structurer de façon très professionnelle autour du football masculin et féminin et du handball. On essaye d?analyser comment nous pouvons utiliser au mieux la structure de la section football masculin qui est en train de passer des caps assez rapidement. Même si on parle plus souvent des salaires des grands joueurs, le Paris Saint-Germain crée beaucoup d?emplois. Par exemple, nous gérons directement toute la partie magasin. Nous allons continuer à étendre la présence de la marque dans le Grand Paris. Etre un grand club européen dans plusieurs sports, c?est d?abord être bien ancré dans sa capitale et autour de celle-ci.

Est-ce difficile de s?adapter à ce côté multisports en tant que dirigeant ?
On essaye de s?adapter et dédier le même temps, la même énergie, le même intérêt. C?est important que les joueurs de l?équipe de handball sentent que l?ensemble du club est derrière eux. Idem pour les filles et garçons du football. Des personnes passionnées comme Bruno Martini ou Philippe Gardent sont les garants d?un esprit et d?un professionnalisme, à nous de leur donner les moyens au niveau de la structure du club. On a encore à progresser dans le handball, c?est pour cela que l?on reste humble. Pour vous donner une petite idée, dans nos locaux de Coubertin c?est loin d?être idéal. Toute la journée, il y a des groupes scolaires qui passent à côté des bureaux. Dans les prochaines semaines, on va essayer de regrouper tout le monde et de leur offrir un environnement le plus professionnel et performant possible tout en gardant l?humilité nécessaire. On a la chance de pouvoir faire décoller cette fusée extraordinaire, à nous de bien baliser le terrain et de construire l?ensemble des équipes visibles du club mais aussi celles invisibles qui sont très importantes.

Propos recueillis par Maël SEROR

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