"Pseudo - Ressemblances et faux-semblants" au menu du festival lillois Citéphilo

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(AFP) - Le festival lillois Citéphilo s'interroge du 6 au 26 novembre sur la question des "ressemblances et faux-semblants", sous l'intitulé "Pseudo", à travers des conférences et tables rondes réunissant philosophes mais aussi réalisateurs, sociologues ou historiens.

"Pseudo, c'est peut-être un cas d'école", a expliqué Nicolas Righi, l'un des coorganisateurs de cette 17e édition du festival, qui proposera 88 rencontres rassemblant 187 invités, à Lille et dans onze autres villes du Nord/Pas-de-Calais.

"Chacun fait usage de cette notion en mobilisant son propre pseudo quand il fréquente les réseaux sociaux ou quand il fait ses achats en ligne", a justifié le professeur.

"En même temps, c'est une notion presque aussi vieille que la philosophie", a encore noté M. Righi, citant Platon "qui forge les outils qui lui permettront de discriminer les imposteurs, et en particulier cet imposteur qu'est le pseudo-philosophe, le sophiste".

"Mon nom est Personne", la phrase lancée par Ulysse au Cyclope dans "L'Odyssée" d'Homère (lui-même un pseudo), texte majeur de l'antiquité grecque, est d'ailleurs l'intitulé de la conférence inaugurale de Citéphilo, le 8 novembre à Lille.

Les faux-semblants sont ainsi disséqués sous les angles de la politique, de l'art, des sciences ou du numérique, avec une vingtaine de rencontres sur les thèmes "Le faux en art", "Les identités numériques", "Les sophistes de Platon", "La puissance du simulacre" ou encore "Sur Romain Gary" et son célèbre pseudonyme Emile Ajar.

Une table ronde avec des historiens sera aussi consacrée à "La reconstruction du passé", entre travail sur des archives parfois lacunaires et usage des instruments de la fiction et de la littérature lorsque ces archives sont muettes.

"Avec un thème de ce type, Citéphilo met en valeur la philosophie en rompant avec l'idée que c'est un discours poussiéreux. On est sur quelque chose qui montre que des thèmes +occupant le commun des mortels+ peuvent aussi avoir une dimension philosophique", a commenté Arnaud Rosset, coorganisateur.

Par ailleurs, le Japon, auquel douze conférences sont consacrées, est à l'honneur du festival cette année.

Citéphilo fera "l'effort d'aborder la philosophie japonaise pour elle-même", "de penser +avec+ le Japon", a expliqué Arnaud Bouaniche, professeur de philosophie.

Une journée entière sera consacrée à la catastrophe nucléaire de Fukushima, avec la diffusion de quatre films suivie du débat "Penser la catastrophe après Fukushima".

Des conférences thématiques se pencheront également sur la cuisine japonaise et les manga.

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