PSA veut supprimer 8.000 emplois et fermer Aulnay

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LES SITES PSA PEUGEOT CITROËN
LES SITES PSA PEUGEOT CITROËN

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën prévoit de supprimer 8.000 emplois supplémentaires sur ses sites français et de fermer en 2014 son usine d'assemblage d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour endiguer ses pertes sur fond de dégradation du marché européen.

Premier grand test social du nouveau gouvernement, qui présentera le 25 juillet un plan pour aider la filière automobile, la restructuration présentée jeudi par le premier constructeur français porte à environ 10.000 les réductions d'effectifs engagées depuis l'automne dernier par PSA dans l'Hexagone, soit environ un emploi sur dix.

"Je sais combien ces mesures sont lourdes pour les personnes concernées mais aussi pour l'ensemble de notre entreprise", a déclaré le président du directoire de PSA, Philippe Varin, au cours d'une conférence de presse. "Nous avons la possibilité de mettre en oeuvre, dans les années qui viennent, les mesures indispensables au retour à l'équilibre financier mais ce délai n'est pas infini, il importe donc d'agir rapidement."

Invité de TF1 dans la soirée, le dirigeant a souligné que le groupe ne sollicitait pas d'aide financière de l'Etat. Il a également assuré que l'entreprise ne procèderait à aucun licenciement sec et qu'elle proposerait une aide à chaque salarié concerné.

Ebranlé depuis l'été dernier par une chute des ventes en Europe, notamment du Sud, PSA a prévenu que sa division automobile accuserait une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre. Signe de la dégradation de la demande en Europe, le groupe a révisé en baisse sa prévision pour le marché en 2012, désormais attendu en baisse de 8% contre -5% au début de l'année.

"Lorsqu'un groupe perd tous les mois en cash 200 millions d'euros, il ne pérennise pas l'emploi", a estimé Philippe Varin. "Tergiverser, c'est faire courir à terme de grands périls à l'entreprise. C'est notre responsabilité, aussi douloureuses que soient les décisions, de faire en sorte d'assurer l'avenir du plus grand nombre."

L'argument n'a pas convaincu les syndicats, notamment à Aulnay où l'on redoutait depuis un an que le couperet tombe.

"Varin a déclaré la guerre aux salariés sur le terrain de l'emploi", a lancé Jean-Pierre Mercier, représentant CGT chez PSA, devant le siège parisien du groupe. "La guerre est déclarée sur l'usine d'Aulnay, on est plusieurs centaines de salariés a être déterminés à défendre notre boulot."

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a déclaré de son côté que l'expert mandaté par l'Etat examinerait la situation de PSA pendant les 15 jours à venir.

"On ne peut pas accepter quelque chose comme ça", a-t-elle dit sur Europe 1. "Il faut regarder, il faut évaluer."

1ÈRE FERMETURE D'USINE AUTOMOBILE EN 20 ANS

Confronté à des surcapacités rendues plus criantes encore par la baisse du marché en Europe où il réalise une part plus importante de ses ventes que ses concurrents Renault ou Volkswagen, PSA a officialisé l'arrêt futur de la production à Aulnay-sous-Bois, qui emploie actuellement 3.000 personnes et produit la petite Citroën C3.

Il s'agit de la première annonce d'une fermeture d'usine automobile depuis vingt ans, lors de l'arrêt du site historique Renault de Billancourt (Hauts-de-Seine). [

La production d'Aulnay sera transférée sur l'usine voisine de Poissy (Yvelines), où environ la moitié des salariés d'Aulnay pourraient se voir proposer un reclassement à des postes actuellement occupés par des intérimaires.

"Si la fermeture est confirmée, il s'agira de la première réduction de capacité de grande ampleur en Europe depuis la dernière crise", commente Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital. "Nul doute que l'administrateur délégué de Fiat, Sergio Marchionne, suit de près les annonces du jour, car il aimerait faire de même en Italie."

Seules deux usines automobiles ont disparu en Europe pendant la crise de 2008-2009, le site Opel d'Anvers et l'usine Fiat de Sicile, alors que dans l'intervalle les constructeurs américains ont réduit drastiquement le nombre de leurs usines.

L'action PSA a reculé de 1,74% jeudi à 7,02 euros. Depuis le début de l'année, le titre a effacé près d'un tiers de sa valeur, après avoir chuté de près de 60% en 2011.

RENNES TOUCHÉE, MAIS PROMESSE D'UN NOUVEAU MODÈLE

Le site d'Aulnay n'est pas le seul touché. Dans l'usine de Rennes (Ille-et-Vilaine), qui produit les Citroën C5-C6 et la Peugeot 508, PSA va supprimer 1.400 emplois sur un total de 5.600 personnes dans le cadre d'une baisse de capacité imputable à un recul de la demande en grandes voitures.

L'alliance annoncée fin février entre PSA et le groupe américain General Motors pourrait également avoir modifié les ambitions de PSA sur le segment des grandes routières. En mai dernier, le directeur de l'usine de Rennes avait évoqué l'hypothèse d'un transfert de la production des grandes voitures du groupe chez son nouveau partenaire en Allemagne, en échange de voitures plus compactes.

PSA s'est engagé à attribuer à Rennes un nouveau modèle sur une nouvelle plate-forme en 2016, sans donner plus de précisions.

Au sujet de Sevelnord (Nord), dont l'avenir des 2.700 salariés est également incertain depuis l'annonce de la fin du partenariat avec Fiat dans les utilitaires, Philippe Varin a indiqué que les discussions sur la productivité de l'usine et la recherche d'un ou de plusieurs nouveaux partenaires continuaient "positivement" et qu'il espérait conclure dans un avenir proche.

Pour réduire ses coûts, PSA va également supprimer 3.600 emplois de structure - administration, commerce et recherche & développement - par départs volontaires sur l'ensemble de ses sites français. La R&D est particulièrement touchée, avec 1.400 postes, conséquence d'une diminution du nombre de projets.

Le groupe, qui a déjà engagé cette année un plan d'économies d'un milliard d'euros et un programme de cessions d'actifs de 1,5 milliard pour tenter de redresser ses comptes, annoncera également fin juillet, lors de la publication de ses résultats semestriels, une nouvelle réduction de ses investissements.

Avec Pauline Ades Mével, édité par Matthias Blamont

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  • jicem le jeudi 12 juil 2012 à 23:21

    Socialos, verts,cocos et gendarmes qui n'est pas contre la "bagnole" et l'on s'étonne des fermetures d'une industrie en surcapacité? Il sont gonflés les politicards.

  • M601364 le jeudi 12 juil 2012 à 18:40

    U.M.P. et Mr Coppé DEVRAIENT REMBOURSER LES AVANTAGES créer PAR LEUR deuxième PLACE AUX ELECTIONS et la donner au front national ,ils ont trompé les Français sur LES FUTURS LICENCIEMENT Peugeot comme pour les augmentations de GDF ?CAMOUFLAGES flagrants pour gagner des voix On fait des procés pour rien mais celui là devrait aboutir ,fraude électorale .