PSA veut négocier sur la compétitivité et dément une fermeture avancée à Aulnay

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PSA Peugeot Citroën veut ouvrir au plus vite des négociations sur la compétitivité en France pour tenir ses objectifs de redressement, mais le projet s'annonce ardu sur fond de controverse autour d'une éventuelle fermeture anticipée de l'usine d'Aulnay.

Le constructeur automobile a assuré mercredi que "l'arrêt de la production" de son usine d'Aulnay, en région parisienne, reste "planifié en 2014".

"Il n'y a pas de modification de calendrier", a-t-il insisté, dans une déclaration visant à éteindre l'incendie déclenché par des propos inverses tenus par son directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon.

En début de matinée, ce dernier avait évoqué devant des analystes la possibilité d'une fermeture anticipée du site de Seine-Saint-Denis, paralysé depuis plus de trois mois par une grève.

"Ce n'est pas tant que nous souhaitions fermer par anticipation, mais le fait qu'un petit nombre de personnes continue à perturber notre usine pourrait nous y obliger", a déclaré M. de Chatillon. "Je ne peux pas vous dire aujourd'hui quand cela se produirait mais ceci ne poserait pas de problème", a-t-il assuré.

"Qu'ils la ferment cette usine, on ne marche pas au chantage", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du site PSA d'Aulnay. Les propos du directeur financier sont "une nouvelle preuve que la direction de Peugeot ne respecte aucun engagement", a-t-il ajouté, assurant que la grève allait se poursuivre.

Ventes en baisse

A l'appel du syndicat, environ 200 salariés d'Aulnay et d'autres usines comme Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ou Metz se sont rassemblés dans le calme mercredi devant le siège parisien du constructeur où se tenait l'assemblée générale des actionnaires.

Dans la salle, un représentant de la CGT a répété son opposition à des résolutions portant sur le rachat et l'annulation d'actions et sur la distribution d'actions gratuites, qui ont été adoptées.

La direction a réaffirmé de son côté qu'elle n'avait pas l'intention de s'en servir, conformément aux engagements pris auprès de l'Etat qui a apporté une garantie publique de 7 milliards d'euros pour sa banque PSA Finance.

PSA a annoncé des ventes en baisse de 6,5% au premier trimestre 2013 à 13,03 milliards d'euros et craint que le marché européen puisse "être plus difficile qu'attendu" en 2014. Pour cette année, il table sur un recul du marché de 5%, après un premier trimestre en repli de 10%.

Le chiffre d'affaires de la branche automobile, la plus importante, a reculé de 10,3% à 8,7 milliards, malgré la progression de ses ventes en Chine et en Amérique latine. Le constructeur paie sa dépendance à l'Europe, où il réalise 57% de ses ventes et où ses immatriculations ont reculé de 17%.

Face à cette situation, il prévoit d'entamer avec les syndicats de ses sites français des négociations sur un accord de compétitivité comparable à celui trouvé par son rival Renault.

Le constructeur espère les lancer dès le mois prochain et souhaiterait que ceci soit "bouclé à l'automne", a indiqué le président du directoire, Philippe Varin. Il compte aussi céder de nouveaux actifs immobiliers pour 200 millions d'euros et retarder au besoin des dépenses d'investissement.

Ceci lui permettrait de compenser la possible baisse du marché auto européen et de "maintenir l'objectif de retour à l'équilibre" de sa trésorerie opérationnelle "fin 2014". Pour 2013, il prévoit toujours de diviser par deux le rythme de sa consommation de liquidités.

"Le groupe a tous les atouts pour réussir son redressement", a assuré M. Varin devant les actionnaires.

PSA doit encore boucler son plan de restructuration qui concerne plus de 11.200 salariés en France et comprend la fermeture d'Aulnay. Un ultime comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire est prévu à ce sujet le 29 avril.

La Bourse de Paris a salué les projets de réduction de coûts envisagés par la direction. Peu après 16H00, le titre bondissait de 10,43% à 6,02 euros dans un marché en hausse de 1,18%.

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  • ljay1 le mercredi 24 avr 2013 à 18:44

    Oui PSA a raison...notre marché ne doit pas être une passoire.....