PSA va négocier son plan social avec les syndicats

le
0
PSA ACCEPTE DE NÉGOCIER LE PLAN SOCIAL D'AULNAY ET RENNES
PSA ACCEPTE DE NÉGOCIER LE PLAN SOCIAL D'AULNAY ET RENNES

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën va engager des négociations avec les organisations syndicales sur les dispositifs d'accompagnement de son plan de restructuration, a fait savoir jeudi le groupe automobile à l'issue d'un comité central d'entreprise.

Trois syndicats avaient auparavant indiqué à Reuters que la direction avait accepté de négocier l'ensemble du plan social annoncé pour les usines d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de Rennes (Ille-et-Vilaine), y compris les conditions de mobilité entre sites que la direction souhaitait lancer immédiatement.

"La direction est d'accord pour ouvrir des négociations sur l'ensemble du volet social", a dit Tanja Sussest, représentante du syndicat SIA d'Aulnay, en marge du comité central d'entreprise qui s'est tenu au siège parisien de PSA.

Ces négociations commenceront le 7 novembre, a-t-elle ajouté.

PSA a engagé un plan d'économies prévoyant 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France, dont 3.000 à Aulnay et 1.400 à Rennes.

La moitié des salariés d'Aulnay doivent être reclassés sur le site voisin de Poissy (Yvelines) et 400 salariés de Rennes doivent faire l'objet d'une mobilité au sein du groupe. PSA avait inscrit à l'ordre du jour du CCE le lancement "à titre provisoire" de ces mesures de transfert entre sites, provoquant la colère des organisations syndicales.

"La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes", a expliqué Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de PSA Aulnay.

"Elle cherchait ainsi à vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succès", a-t-il estimé à propos de l'élargissement du champ des négociations.

ACCORD AVANT LA FIN DE L'ANNÉE

Dans un communiqué, PSA a annoncé que la négociation porterait sur les mobilités internes et externes avec les dispositifs associés, sur les dispositifs d'accompagnement et de maintien dans l'emploi des seniors et sur les dispositifs d'accompagnement des reclassements.

Sont également concernés les dispositifs d'accompagnement des reconversions industrielles et l'adaptation dans leur ensemble des mesures d'accompagnement du dispositif social.

"Les négociations se dérouleront en parallèle de la procédure de consultation des représentants du personnel actuellement en cours", a précisé PSA, qui dit vouloir parvenir à un accord d'ici à la fin de l'année.

"Le processus de mobilité va s'en trouver un peu ralenti", a estimé de son côté Franck Don, représentant CFTC. "Cela nous permet aussi de rester en position de force."

Si les négociations vont vite, PSA pourra en revanche engager ses mesures de mobilité, au menu de la première séance de négociations sans devoir attendre le rapport final du cabinet d'expert Secafi programmé pour la fin novembre.

La restructuration de PSA a également fait l'objet d'une réunion tripartite entre la direction, le gouvernement et les syndicats dans l'après-midi à Bercy.

A l'issue de la rencontre, rien n'a bougé sur les 8.000 suppressions de postes, ont indiqué les syndicats.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a renouvelé sa demande à PSA de "reformater son plan social" et précisé que d'autres réunions tripartites seraient organisées les 8 et 9 novembre pour les sites d'Aulnay et de Rennes.

Sur les reclassements à Aulnay, PSA a fait savoir que la société ID Logistics avait proposé un projet d'implantation sur une partie du site, avec la création de 600 emplois qui pourront être proposés aux salariés du constructeur automobile.

Avec Jean-Baptistte Vey et Blandine Hénault, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant