PSA supprimera jusqu'à 2.000 emplois supplémentaires-Syndicats

le , mis à jour à 13:14
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    * CCE lundi sur les mobilités externes et les congés senior 
    * La CGT évoque 2.133 suppressions de postes 
    * L'effectif de PSA baisse de 3.000 personnes chaque 
année-CFDT 
    * PSA rachète Aramisauto, le mousquetaire de la voiture 
d'occasion 
    * Le groupe poursuit la diversification de ses activités 
 
 (Actualisé avec conférence de presse, précisions) 
    par Gilles Guillaume 
    PARIS, 17 octobre (Reuters) - Le groupe PSA  PEUP.PA  
pourrait supprimer jusqu'à 2.000 emplois supplémentaires en 
France au titre de 2017, ont annoncé deux syndicats du groupe 
automobile, qui poursuit ainsi les réductions d'effectifs qu'il 
a engagées depuis plusieurs années. 
    Le constructeur automobile tient lundi un comité central 
d'entreprise extraordinaire consacré, comme chaque année, à la 
gestion des emplois et des compétences. Selon la CGT et la CFDT, 
le nouveau plan prévoit environ 2.000 départs, essentiellement 
via des mobilités externes sécurisées et des dispenses 
d'activité pour les fins de carrière, mais aucun licenciement. 
    Selon France Info, qui cite des documents internes de 
l'entreprise, le total pourrait atteindre 2.133 postes, soit 3% 
des effectifs français du groupe. 
    "PSA poursuit la même politique, nous sommes depuis 
plusieurs années sur une tendance régulière de départs chaque 
année", observe Xavier Lelasseux, représentant CFDT chez PSA. 
"Nous aimerions plutôt que le groupe consacre cette énergie à 
mieux former les gens aux métiers de demain tant l'automobile a 
besoin de nouvelles compétences." 
    Les mesures présentées au CCE ne se traduiront pas 
automatiquement et dans la foulée par autant de suppressions de 
postes, car les salariés senior restent inscrits à l'effectif 
jusqu'à leur retraite tandis que certains ayant opté pour une 
mobilité externe pourront théoriquement revenir chez PSA si 
l'expérience ne s'avérait pas concluante. 
    "Tout se fera sur la base du volontariat, et il y aura une 
certaine compensation en terme de CDI et d'alternants", a 
souligné de son côté Franck Don, représentant CFTC. 
    Le groupe PSA, dont la France pèse toujours 68% de 
l'effectif mondial pour la division automobile, compte en effet 
recruter 1.000 personnes en CDI et 6.000 jeunes en alternance 
sur trois ans, la durée du nouvel accord de compétitivité signé 
en juillet dernier. 
     
    ALLIANCE STRATÉGIQUE DANS LE VO 
    Malgré à chaque fois un effet retard, l'effectif de Peugeot 
Citroën Automobiles France diminue toutefois bel et bien chaque 
année. Au 31 décembre 2015, il était tombé à 54.649 salariés - 
hors usines réintégrées dans le périmètre du groupe - contre 
57.790 en 2014 et 61.882 en 2013, soit une baisse d'environ 
3.000 personnes par an. 
   Interrogé sur les derniers chiffres d'effectifs, le directeur 
financier Jean-Baptiste de Chatillon a refusé de faire un 
commentaire. 
    "Le plan 'Push to pass', c'est d'abord l'agilité, ce n'est 
pas d'être statique, ni en terme de performance ni en terme de 
métier", a-t-il simplement répondu. "C'est bien de déployer 
notre plan de croissance en bougeant un petit peu les lignes 
pour aller vraiment au plus près du client (...) Et bien sûr, 
nous devons le faire dans les meilleurs conditions de 
compétitivité." 
    Le nouveau plan stratégique de PSA a pris le relais du plan 
de redressement "Back in the race", qui a permis à PSA de sortir 
de la grave crise financière qu'il a traversée en 2012 via un 
plan d'économies drastique et le recentrage de l'activité sur 
les marchés et les modèles les plus rentables. 
    Le groupe, qui ne donne pas de prévisions pour 2016, vise 
une marge opérationnelle courante moyenne de 4% pour la division 
automobile sur la période 2016-2018 et une cible à 6% en 2021, 
ainsi qu'une croissance de 10% du chiffre d'affaires à changes 
constants entre 2015 et 2018. 
    Dans le cadre de son nouveau plan, PSA veut exploiter, à 
côté de son métier traditionnel de la conception, construction 
et distribution automobile, de nouveaux gisements de croissance 
comme l'autopartage, où il a multiplié les prises de 
participation, ou le véhicule d'occasion. 
    Sur ce dernier front, il a annoncé lundi des négociations 
exclusives pour prendre une participation majoritaire dans le  
distributeur français Aramisauto, le trublion de la distribution 
automobile fondé en 2001 par Nicolas Chartier et Guillaume 
Paoli. 
    PSA compte ainsi se renforcer dans le commerce digital de 
voitures de seconde main et élargir l'offre de véhicules 
d'occasion de ses concessionnaires, tandis qu'Aramisauto compte 
sur PSA pour accélérer son internationalisation   
    "C'est un écosystème que nous allons créer (...) tous nos 
canaux doivent croître simultanément", a ajouté Jean-Baptiste de 
Chatillon. 
    L'objectif de doubler à 800.000 les ventes d'occasion du 
groupe PSA à l'horizon 2021 devrait par exemple représenter un 
surcroît d'activité pour remettre en état les véhicules. 
Aramisauto, qui réalise ce travail de "reconditionnement" à 
Donzère (Drôme), envisage quant à lui d'accroître les effectifs 
de ce site, qui compte actuellement une soixantaine de 
personnes. 
 
 (Avec Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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