PSA produira un utilitaire pour Toyota à Sevelnord

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ALLIANCE PSA-TOYOTA DANS LES UTILITAIRES LÉGERS EN EUROPE
ALLIANCE PSA-TOYOTA DANS LES UTILITAIRES LÉGERS EN EUROPE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le site de PSA Peugeot Citroën de Sevelnord (Nord) produira à partir de l'an prochain des fourgonnettes pour le compte de Toyota, une bouffée d'oxygène pour la deuxième usine française de PSA la plus menacée après celle d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

A plus long terme, l'accord annoncé lundi par les deux constructeurs automobiles prévoit aussi une collaboration avec Toyota sur la prochaine génération de véhicules utilitaires de PSA. Mais cette fois le choix du site de production dépendra des négociations engagées avec les syndicats de Sevelnord sur un accord de flexibilité.

"Il est prévu que Toyota Motor Europe participe directement au développement et aux investissements industriels relatifs à cette prochaine génération de véhicules", déclarent PSA et Toyota dans un communiqué commun.

Ils soulignent qu'aucune prise de participation ni production commune ne sont envisagées dans le cadre de leur accord, dont les termes financiers n'ont pas été précisés.

Cette annonce intervient alors que PSA a annoncé début juillet 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit recevoir dans l'après-midi le président du directoire de PSA Philippe Varin pour faire le point sur la situation du groupe.

Mercredi, PSA détaillera les mesures qu'il entend prendre pour endiguer ses pertes sur fond de chute des ventes en Europe. Le même jour, le gouvernement présentera son plan d'aide à la filière automobile.

"Dans le contexte actuel, une annonce qui crée de l'emploi, c'est toujours une bonne nouvelle", a déclaré Xavier Lellasseux, délégué CFDT chez PSA à propos de la production future de véhicules Toyota à Sevelnord. "Ceci dit, nous restons suspicieux sur les conditions de travail et les implications sociales qui pourraient découler de cette nouvelle coopération."

TROIS CONDITIONS POUR SÉCURISER SEVELNORD

L'usine de Sevelnord, qui emploie 2.700 personnes, assemble actuellement autour de 94.000 véhicules par an, essentiellement des utilitaires.

A l'origine le site était une coentreprise entre PSA et Fiat et environ 20% de la production (19.000 unités environ) est commercialisée sous l'appellation Scudo, un utilitaire de Fiat. Le reste (75.000 exemplaires environ en 2011) l'est sous les deux marques de PSA, Peugeot et Citroën.

Les salariés de Sevelnord s'inquiètent pour leur avenir depuis que Fiat a décidé de ne pas renouveler son partenariat après 2017.

Dans un premier temps, à partir du deuxième trimestre 2013, PSA fournira également à Toyota des utilitaires légers de taille moyenne basés sur sa gamme actuelle Peugeot Expert et Citroën Jumpy. Ces véhicules seront commercialisés en Europe sous la marque Toyota.

Selon le quotidien économique japonais Nikkei, PSA pourrait fournir à Toyota entre 5.000 et 10.000 véhicules par an, un volume sur lequel un porte-parole de PSA n'a pas souhaité faire de commentaire.

Au-delà de la coopération avec Toyota, qui permettra l'an prochain d'améliorer le taux d'utilisation du site, l'attribution de la nouvelle génération d'utilitaires - dont le nom de code est K-Zéro - sera déterminante pour l'avenir de l'usine.

PSA a fixé trois conditions à l'attribution de ce modèle : le débouclage du partenariat avec Fiat, l'arrivée d'un nouveau partenaire et une amélioration de la compétitivité du site.

Les deux premières conditions étant désormais réunies, le choix de Sevelnord pour le prochain programme dépendra des discussions avec les représentants des salariés. L'usine est en concurrence avec le site de Vigo, en Espagne, où le coût du travail est inférieur d'un tiers.

"Rien n'est encore signé, mais on est optimiste sur les négociations", a déclaré le porte-parole de PSA, disant espérer prochainement un accord avec les syndicats.

Quel que soit le site retenu, PSA n'envisage pas d'avoir recours à nouveau à une coentreprise, comme ce fut le cas avec Fiat.

Dans le cadre du mécano mis en place par l'industrie automobile européenne, PSA et Toyota ont déjà une usine commune en République tchèque, où ils produisent des petites voitures. En matière de voitures hybrides, Toyota vient en revanche de s'allier à BMW, prenant ainsi la place de PSA dont les liens avec le constructeur haut de gamme allemand se sont distendus depuis l'annonce de l'alliance entre PSA et General Motors.

En Bourse, à 11h45, le titre PSA était stable (+0,03%) à 6,567 euros, dans un marché parisien en recul de 1,95%. Le titre perd près de 38% depuis le début de l'année, ce qui ramène sa capitalisation boursière à 2,33 milliards d'euros.

Avec Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez

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