PSA pourrait annoncer la fermeture d'Aulnay fin juillet

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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le groupe automobile PSA Peugeot Citroën pourrait annoncer le 25 juillet, lors de la publication de ses résultats semestriels, la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a déclaré lundi le maire de la ville, Gérard Ségura.

Une telle nouvelle constituerait un coup de tonnerre dans le secteur automobile français, où la dernière fermeture d'usine remonte à 1992, il y a 20 ans, lorsque Renault avait arrêté le site de Billancourt (Hauts-de-Seine). Elle ne manquerait pas non plus d'embarrasser le nouveau pouvoir socialiste qui a fait du maintien des emplois sur le sol français une de ses priorités.

"Nous avons l'extrême crainte que ce soit fin juillet, au moment de ces indications sur les résultats du groupe, que soit annoncée l'éventuelle, la probable fermeture du site d'Aulnay", a déclaré l'élu PS à des journalistes, à l'issue d'une table ronde avec le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le directeur industriel de PSA et les syndicats.

Le maire a ajouté qu'Arnaud Montebourg rencontrerait mardi Philippe Varin, président du directoire de PSA, pour évoquer l'avenir du site qui emploie 3.600 personnes et produit la petite Citroën C3.

"Le ministre a demandé au groupe (...) des réponses très précises sur la situation actuelle du groupe, sur ses capacités ou non à pouvoir envisager le maintien au-delà de 2014 de la production", a ajouté Gérard Ségura.

PSA a refusé de faire un commentaire.

Le ministère du Redressement productif a confirmé de son côté qu'Arnaud Montebourg et Philippe Varin se verraient bien mardi.

LA CGT DÉNONCE LE "PRÉTEXTE DE LA CRISE"

La question de l'avenir de l'usine d'Aulnay se pose depuis plusieurs mois. La CGT avait éventé l'été dernier un document interne évoquant un scénario de fermeture du site, ce qui avait amené la direction de PSA à assurer qu'il s'agissait d'un document de travail "caduc". Depuis, la direction répète que le site produira encore des C3 en 2014, mais refuse de s'engager sur un modèle pour lui succéder.

"Maintenant, on ne sait plus si c'est décembre 2014, juillet 2014 ou janvier 2014, on s'aperçoit qu'il y a une accélération de l'aggravation et, à partir de là, une réponse de moins en moins précise de la direction" a poursuivi Gérard Ségura.

La fin du cycle de vie de la C3 est estimée autour de 2016, mais les syndicats craignent que l'usine d'Aulnay ne survive pas jusque-là et que la production du véhicule soit transférée progressivement à Poissy (Yvelines), l'usine la plus proche.

"La direction va prendre prétexte de la crise économique, de la petite baisse des ventes pour annoncer, même pas une fermeture mais le passage de deux équipes en une équipe", a déclaré Jean-Pierre Mercier, représentant CGT chez PSA.

"Et ça, pour nous, il est évident que c'est le démarrage de la fermeture de l'usine."

Une annonce fin juillet tomberait en pleines vacances d'été. Les syndicats voient également un mauvais présage dans l'arrivée à Aulnay de l'ancien directeur des ressources humaines du site de Melun-Sénart (Seine-et-Marne), fermé après le regroupement des activités de pièces détachées du groupe à Vesoul (Haute-Saône).

L'usine d'Aulnay, créée en 1973 au nord de Paris pour prendre la relève du site historique de Javel, est aujourd'hui spécialisée dans les petites voitures, segment devenu ultraconcurrentiel en Europe.

Pour redresser la rentabilité de sa division automobile, tombée dans le rouge l'an dernier, PSA a déjà engagé un plan de réduction d'effectifs, de cessions d'actifs et d'économies. Incapable de financer seul ses investissements à l'international, il s'est également allié au début de l'année à l'américain General Motors.

L'ensemble de la filière automobile européenne est confrontée à des surcapacités chroniques, que les analystes estiment autour de 20% et que la rechute des ventes, notamment en Europe du Sud, a rendues plus criantes encore. La semaine dernière, Opel, filiale de GM, a annoncé la fermeture de son usine allemande de Bochum à la fin du cycle de production du modèle qu'elle produit actuellement, estimée vers la fin 2016.

"La seule question que Montebourg a posé à la direction de Peugeot, c'est 'quand est-ce que vous allez faire cette annonce, est-ce qu'il va y avoir une annonce au mois de juillet ou en septembre ?'", a déclaré Jean-Pierre Mercier. "Nous, la question qui nous intéresse, c'est justement que Peugeot ne fasse pas cette annonce de fermeture."

Avec Gwénaëlle Barzic, édité par Dominique Rodriguez

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  • papymujo le lundi 18 juin 2012 à 19:54

    Juste avant les vacances......C'est de bonne guerre!