PSA officialise qu'il parle à Dongfeng, avec l'aval de GM

le
0
PSA CONFIRME LES DISCUSSIONS AVEC DONFENG ET ANNONCE DES DÉPRÉCIATIONS
PSA CONFIRME LES DISCUSSIONS AVEC DONFENG ET ANNONCE DES DÉPRÉCIATIONS

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a confirmé jeudi étudier une augmentation de capital et une alliance avec Dongfeng, avec le feu vert de son allié General Motors, et a annoncé 1,1 milliard d'euros de dépréciations d'actifs.

Les comptes 2013 du constructeur automobile français seront plombés par l'euro fort et la dégradation des ventes en Russie et en Amérique latine, nouvelle preuve de la nécessité d'accélérer les économies d'échelle et l'internationalisation de ses ventes grâce à d'autres partenaires.

PSA a ainsi franchi le pas et officialisé qu'il étudie une augmentation de capital et de nouveaux projets de développement avec des partenaires, dont le chinois Dongfeng Motor.

L'américain GM, actionnaire à 7% depuis l'alliance conclue en 2012, ne s'opposera pas à l'entrée au capital d'un nouveau partenaire, a précisé PSA.

Une source au fait du dossier avait indiqué mercredi à Reuters que le conseil de surveillance de PSA avait accepté d'engager des discussions finales sur un projet qui verrait le chinois et l'Etat français prendre des participations majoritaires dans le groupe.

Selon cette source, Dongfeng a proposé un prix indicatif de 6,85 euros par action, soit une décote d'environ 40% par rapport au cours de clôture mercredi.

"Un prix de 7 euros ou moins est hors de propos car bien trop faible", a dit une source proche de la famille Peugeot, en précisant qu'aucun prix plancher n'avait pour autant été fixé.

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a déclaré de son côté à des journalistes que le gouvernement français était favorable à ce que PSA "puisse nouer les partenariats stratégiques qui lui permettront de trouver tout l'essor qu'il mérite et aussi trouver les partenaires financiers qui appuieront solidement ce développement".

"L'Etat est un acteur tout à fait impliqué dans cette nouvelle phase de l'histoire de PSA", a ajouté Pierre Moscovici, tout en refusant de répondre à la question de savoir si l'Etat entrerait au capital de PSA.

PAS D'AUTRE MESURE SUR L'EMPLOI PROGRAMMÉE

En Bourse, l'action PSA abandonne 8,26% à 10,55 euros à 15h10, après avoir touché un plus bas de 10,20 euros.

"PSA est en train de préparer le terrain, il est sorti de son silence sur la question d'une augmentation de capital, il a clarifié combien d'actions nouvelles il peut émettre sans convoquer une nouvelle assemblée générale", commente ISI (International Strategy & Investment) dans une note. "Au final, nous pensons que le groupe va dans la bonne direction."

"C'est positif si PSA est en mesure d'utiliser les 3,5 milliards d'euros de nouveau capital évoqués pour sa croissance future", précise Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital. "Dans les faits, nous redoutons que cette somme ne suffise pas face aux dépenses opérationnelles du groupe."

L'idée d'un renforcement de l'alliance avec GM, dont Mary Barra prendra la direction en janvier, semble désormais totalement écartée. Même si Opel, la filiale européenne de GM, construira à Sochaux un nouveau crossover à partir de 2017.

"Cette alliance est maintenant dans une phase tout à fait stabilisée", a déclaré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, au cours d'une téléconférence de presse.

Annoncées en février 2012 à deux milliards de dollars par an pour les deux partenaires, les synergies de l'alliance franco-américaine ne sont plus estimées qu'à 1,2 milliard à l'horizon 2018.

Jean-Baptiste de Chatillon a expliqué que le résultat opérationnel 2013 serait impacté par la Russie et l'Amérique latine.

"Nous avons identifié des actifs dont la valeur comptable nette n'était pas couverte par les cash-flow futurs, il s'agit d'actifs en Russie et en Amérique latine", a-t-il dit. "Pour le résultat net, il faudra attendre qu'on ait terminé notre clôture."

PSA avait déjà passé dans ses résultats 2012 des dépréciations de 4,7 milliards d'euros liées à la crise du marché automobile européen.

Le groupe a en revanche confirmé jeudi son objectif de réduire au moins de moitié cette année son hémorragie de free cash flow opérationnel, qui a atteint trois milliards d'euros en 2012, en renforçant les plans d'action déjà engagés.

Jean-Baptiste de Chatillon a précisé qu'aucune mesure supplémentaire sur les emplois n'était programmée au-delà du plan social en cours et de l'accord de compétitivité conclu à l'automne.

"Ces dépréciations viennent s'ajouter à une consommation de cash déjà très élevée dans les activités européennes, et bien que la direction ait maintenu son objectif de réduction du free cash flow, les nouvelles du jour ne sont pas vraiment positives", commente Kristina Church (Barclays Capital).

Edité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant