PSA lance un projet d'usine de 560 millions d'euros au Maroc

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PSA LANCE UN PROJET D'USINE AU MAROC
PSA LANCE UN PROJET D'USINE AU MAROC

par Laurence Frost et Gilles Guillaume

RABAT (Maroc)/PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a signé vendredi un accord avec le Maroc pour y construire une nouvelle usine représentant un investissement industriel de 557 millions d'euros, afin d'accélérer l'internationalisation du groupe tout en réduisant ses coûts de production.

Le futur site, situé près de Kenitra, sur la côte ouest du pays, assemblera des citadines et des modèles compacts pour l'Afrique et le Moyen-Orient à compter de 2019, a déclaré le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, après la signature de l'accord au Palais royal de Rabat.

La capacité initiale de production sera de 90.000 moteurs et véhicules par an, et pourra atteindre à terme 200.000 si la demande commerciale est là.

Le projet d'usine, dont Reuters avait fait état dès novembre dernier, permettra à PSA de renforcer son offre en véhicules plus compétitifs et sa présence sur de nouveaux marchés émergents, réduisant ainsi sa dépendance à une Europe devenue mature et où les coûts de production sont élevés. Pour l'heure, l'internationalisation du constructeur est incarnée quasi-exclusivement par son succès en Chine.

Renault s'est établi pour sa part dès 2012 à Tanger, autre grande zone franche du Royaume, d'où il exporte des véhicules vers le bassin méditerranéen et l'Europe.

Le Royaume chérifien accueille depuis plusieurs années un nombre croissant d'activités aéronautiques ou automobiles, associant une main d'oeuvre qualifiée, des avantages fiscaux généreux et des salaires quatre fois inférieurs à la France. PSA compte se fournir localement en composants à hauteur de 60% au démarrage de l'usine, puis à 80% une fois que le tissu fournisseurs se sera étoffé.

"L'Afrique et le Moyen-Orient sont des marchés historiques pour PSA et cette région doit devenir un levier d'internationalisation rentable de notre plan 'Back in the Race'", a ajouté Carlos Tavares.

LE MILLION EN 2025

L'ancien numéro deux de Renault a fait de la réduction des coûts et du développement des approvisionnements dans les pays à plus bas coûts deux piliers de son plan de redressement. PSA ne dispose pas à ce jour de grande usine low cost, contrairement à celles de Renault au Maroc, ou en Roumanie où il fabrique le 4x4 Duster, devenu la voiture la plus vendue du groupe.

PSA a toujours refusé de lancer une gamme low cost pour ne pas parasiter le positionnement de ses trois marques. Le groupe a précisé que les voitures assemblées au Maroc remplaceraient probablement les Peugeot 301 et Citroën C-Elysée, deux berlines aux tarifs plus accessibles destinées aux pays émergents et assemblées à Vigo, en Espagne. Elles seront bâties sur la nouvelle petite plateforme développée avec le chinois Dongfeng pour le marché chinois et l'Asie du Sud-Est.

Fort de la montée en puissance future du Maroc et de la perspective d'un redémarrage de l'activité en Iran, une fois les sanctions internationales levées, Carlos Tavares vise un objectif d'un million de ventes par an dans la région Afrique Moyen-Orient d'ici 2025.

Cela représenterait une part de marché de 12,5%, contre 3% actuellement, sur un marché appelé à bondir de 44% en une décennie.

L'usine marocaine de PSA restera dans un premier temps de petite taille par rapport au vaste site Renault de Tanger, mais comme avec son compatriote en 2012, le sujet est sensible sur le plan politique et syndical.

"Pas question d'accepter que la politique d'internationalisation de PSA soit faite sur le dos des salariés du groupe", a déclaré le syndicat CGT dans un tract, estimant qu'après la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, le compactage des autres sites de production, les aménagements de fin de carrière et les reclassements ont représenté en deux ans 14.763 suppressions de postes.

Le nouveau site marocoin créerait quant à lui sur place 4.500 emplois directs dans l'hypothèse d'une pleine production à 200.000 unités.

Emboîtant aussi le pas à Renault, qui a inauguré une nouvelle usine à Oran fin 2014, PSA a également confirmé vendredi, lors d'un comité paritaire stratégique, un autre projet industriel sur le sol algérien, comme le président de la République François Hollande l'a annoncé en début de semaine lors de sa visite en Algérie.

(Avec Aziz El Yaakoubi à Rabat, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • idem12 le vendredi 19 juin 2015 à 22:23

    Le désastre de la mondialisation continue....à ce rythme les boîtes françaises produiront et vendront à l'étranger puisque plus personne en France ne pourra acheter la production, tout le monde sera chômeur...

  • DADA40 le vendredi 19 juin 2015 à 22:07

    PSA est obligé de délocaliser : pourvu que cela ne soit pas trop tard. Et on a crié sur PSA qui avait maintenu ses productions en France : bravo la CGT pour la fermeture d'Aulnay.