PSA et Opel vont concevoir ensemble trois types de voitures

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LES TROIS PROJETS COMMUNS AVEC GM UTILISERONT DES ARCHITECTURES PSA
LES TROIS PROJETS COMMUNS AVEC GM UTILISERONT DES ARCHITECTURES PSA

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

BRUXELLES (Reuters) - PSA Peugeot Citroën et General Motors ont annoncé jeudi qu'ils développeraient ensemble trois types de voitures, dont deux sur les plates-formes du groupe français, afin de réduire leurs coûts sur un marché européen sinistré.

Près d'un an après l'annonce de leur alliance, les deux groupes automobiles ont tenu une conférence de presse en terrain neutre, à Bruxelles, tant les enjeux de leurs projets communs sont importants pour leurs activités respectives en France et en Allemagne, berceau d'Opel, la filiale européenne de GM.

Philippe Varin, président du directoire de PSA, a assuré que le partage du développement n'entraînerait pas de suppressions d'emplois dans l'ingénierie ni en France ni en Allemagne.

"Nous avons une approche équilibrée, dans ces projets il y a un rôle pour la R&D en France et un rôle pour la R&D en Allemagne", a-t-il déclaré. "A ce jour, je ne vois pas d'impact négatif de l'alliance sur les ressources humaines des deux côtés."

Interrogés sur l'autre question sensible, celle de savoir où seront produits les futurs véhicules conçus en commun, Philippe Varin et Steve Girsky, vice-président de General Motors, ont fait la même réponse : "En ce qui concerne l'industrialisation des projets, la question est prématurée. Nous n'avons rien à annoncer sur ce sujet aujourd'hui."

"Dans l'industrie, je n'ai jamais vu un plus un faire deux", a réagi Franck Don, représentant CFTC chez PSA. "Et si d'un point de vue stratégique, le rapprochement se conçoit, nous serons vigilants sur les conséquences du point de vue social."

3,5 MILLIONS DE VÉHICULES EN COMMUN D'ICI 2020

Les deux premiers projets seront basés sur une architecture technologique de PSA et les premières voitures issues de cette collaboration seront lancées en 2016.

Sur le segment des monospaces et crossovers du type Peugeot 3008, Citroën C4 Picasso et Opel Zafira, chaque partenaire développera ses propres véhicules sur une base commune, tandis que sur le segment des petits monospaces et crossovers du type Peugeot 2008, Citroën C3 Picasso et Opel Meriva, le développement sera assuré intégralement au centre de R&D d'Opel à Russelsheim, en Allemagne.

Sur le troisième segment, celui des petites voitures à basse émission du type Peugeot 208, Citroën C3 et Opel Corsa, la plate-forme sera développée en commun par les deux partenaires. Mais Jean-Christophe Quémard, directeur des programmes de PSA, a précisé qu'elle reprendrait un grand nombre d'éléments appartenant au groupe français.

Philippe Varin a souligné que les deux partenaires pourraient avoir produit en total cumulé plus de deux millions de véhicules en commun d'ici 2020 sur la première plate-forme et 1,5 million de véhicules sur la seconde.

Interrogé sur l'intérêt financier de partager ses plates-formes avec Opel au lieu d'utiliser celles de son partenaire, Philippe Varin a répondu que sur la durée du cycle de développement des produits, le groupe s'y retrouverait.

De son côté, Steve Girsky a expliqué son choix par l'expérience et les volumes de PSA en Europe. "Nous sommes satisfaits des progrès réalisés par l'alliance (...) et nous réfléchissons aux moyens d'approfondir nos liens", a-t-il ajouté.

Deux autres grands segments ne sont pas concernés par les annonces de jeudi : les berlines compactes du type Peugeot 308 ou Opel Astra, ou encore les grands berlines Peugeot 508, Citroën C5 et Opel Insignia. PSA avait annoncé dès l'an dernier que la prochaine génération de la C5 resterait produite à Rennes (Ille-et-Vilaine), coupant court aux rumeurs d'une délocalisation de ce segment en Allemagne.

Depuis l'annonce de son vaste plan social prévoyant la suppression de 8.000 emplois en France, PSA a été critiqué pour avoir tardé à nouer une alliance stratégique dans un secteur toujours plus concurrentiel, contrairement à Renault-Nissan ou Fiat-Chrysler.

Le groupe attend de son alliance avec GM qu'elle contribue aux 350 millions d'euros de réductions de coûts de production attendus à l'horizon 2015 dans le cadre de son plan d'économies. Ce chiffre vient s'ajouter à une réduction de 550 millions d'euros des investissements - R&D et outil industriel -, que PSA compte ramener en base annuelle de 3,8 à 3,3 milliards d'euros sur la période.

En Bourse, l'action PSA cédait 1,7% à 6,06 euros à 16h15, tandis que l'indice sectoriel européen de l'automobile cédait 0,17%.

Edité par Dominique Rodriguez

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