PSA et Opel seront rapidement complémentaires-Tavares

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    * PSA soutiendra le redressement de la filiale de GM-Tavares 
    * Les difficultés financières d'Opel lui rappellent celles 
de PSA 
    * Le passage d'Opel sur des plateformes PSA peut aller vite 
    * Opel apportera à PSA la marque allemande qui lui manquait 
 
    par Gilles Guillaume 
    PARIS, 23 février (Reuters) - PSA  PEUP.PA  et Opel seront 
rapidement complémentaires si leur rapprochement aboutit, le 
premier fournissant les technologies qui vont manquer à la 
filiale européenne de General Motors  GM.N  tandis que celle-ci 
apportera au groupe français la marque allemande qui lui fait 
défaut. 
    Le groupe PSA est en discussion avec GM pour lui racheter 
Opel et Vauxhall. Selon des sources proches du dossier, 
l'opération pourrait être annoncée début mars et produire à 
terme entre 1,5 milliard  et deux milliards d'euros de synergies 
annuelles grâce à des achats communs et à la généralisation des 
plateformes PSA pour les modèles Opel.   
    Lors de la présentation jeudi des résultats 2016 de PSA, le 
président du directoire, Carlos Tavares, a déclaré que le 
projet, s'il se conclut, produirait rapidement des synergies et 
qu'Opel pourrait retrouver un niveau de profitabilité proche du 
niveau actuel de PSA, alors qu'il perd de l'argent depuis une 
dizaine d'années. 
    "La situation d'Opel aujourd'hui présente beaucoup de 
similarités avec celle à laquelle nous étions confrontés il y a 
quatre ans", a-t-il déclaré en référence à la grave crise vécue 
par le groupe sochalien en 2012. "Cette entreprise a besoin 
d'aide, on ne peut pas éternellement finir chaque année dans le 
rouge. Vu ce que nous avons nous-mêmes accompli, nous pensons 
que PSA peut les aider." 
     Carlos Tavares entend confier à la direction d'Opel un plan 
de redressement s'inspirant du "Back in the race" qui a permis à 
PSA de rebondir de manière spectaculaire via d'importantes 
économies, des réductions d'effectifs et l'optimisation de ses 
sites et de ses programmes. Le groupe a publié jeudi un résultat 
net 2016 quasi doublé et une marge opérationnelle record. 
  
    "Nous assisterons la direction d'Opel en lui fournissant des 
objectifs de référence, mais ce sera un plan Opel", a poursuivi 
le président du directoire de PSA. 
     
    UNE MARQUE ALLEMANDE DANS LE PORTEFEUILLE 
    Carlos Tavares a confirmé viser plus de cinq millions de 
ventes annuelles pour la nouvelle entité d'ici quelques années, 
contre 4,3 millions en additionnant les volumes 2016 des deux 
groupes. 
    Selon une source proche du dossier, il a également indiqué 
mercredi au conseil de surveillance que la migration des modèles 
Opel vers l'architecture de PSA devrait commencer dès le 
renouvellement de la petite Corsa, un des best-sellers de la 
marque Opel, programmé pour 2019. 
    Le sujet est sensible pour l'ingénierie en Allemagne, où est 
domiciliée la moitié des 38.000 emplois d'Opel, et le projet de 
rachat d'Opel par PSA a été dans un premier temps accueilli par 
une levée de boucliers outre-Rhin. 
    Carlos Tavares s'estime cependant en mesure de surmonter les 
réticences, au vu notamment des trois programmes communs de 
véhicules déjà lancés entre les deux groupes. "La question n'est 
pas de débattre de quelle technologie est la meilleure, la 
question est celle du départ de la technologie de GM et son 
remplacement par celle de PSA", a-t-il expliqué, ajoutant que 
l'ingénierie allemande se verra confier une partie des 
développements futurs. 
    Opel sera également complémentaire pour PSA sur des marchés 
où les marques françaises peinent à percer face aux allemandes. 
    "L'intégration respectera l'identité de cette entreprise, 
qui restera une entreprise allemande, tout simplement parce que 
c'est notre intérêt (car) ce que nous voulons, c'est avoir une 
marque allemande dans le portefeuille de marques de 
l'entreprise", a ajouté Carlos Tavares. 
    Créé en 1976 avec le rachat par Peugeot de Citroën, le 
groupe s'est articulé pendant près de quarante ans autour de ses 
deux seules marques françaises historiques.      
    "On est passé maintenant d'une logique bi-marques à une 
logique de portefeuille", a observé Yves Bonnefont, directeur de 
DS, en marge de la conférence de presse. 
    La mutation s'accélère depuis quelques années avec la 
naissance de la marque premium DS en 2015, la création de la 
marque Free2Move (autopartage, location) en 2016, et peut-être  
l'ajout éventuel en 2017 d'une marque allemande et d'une marque 
britannique. 
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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