PSA et GM renoncent à leur projet de grande voiture

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PEUGEOT ET GM RENONCENT À LEUR PROJET DE VOITURES, SE TOURNENT VERS LES MOTEURS
PEUGEOT ET GM RENONCENT À LEUR PROJET DE VOITURES, SE TOURNENT VERS LES MOTEURS

par Gilles Guillaume et Blandine Hénault

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën et General Motors ont annoncé jeudi l'abandon de leur projet commun de grande berline, mais élargi leur alliance aux moteurs.

Fin octobre, les deux constructeurs avaient présélectionné quatre projets de véhicules à développer ensemble -monospace et crossover compact type 3008, petit monospace type C3 Picasso, petite berline et grande routière- pour une commercialisation à partir de 2016.

Dans un communiqué commun sur l'avancée de leur coopération, les deux constructeurs n'ont finalement retenu que les trois premiers projets.

"Conformément aux dispositions de l'accord-cadre signé le 29 février 2012, les deux partenaires ont signé des accords définitifs sur trois projets de véhicules ainsi que sur une co-entreprise dans les achats", ont indiqué les deux groupes, avant de préciser: "D'autres projets de co-développement sont à l'étude et renforceront encore l'alliance. Ils feront l'objet d'annonces ultérieures."

Interrogé sur le lieu où seront conçus et produits ces trois futurs programmes, sujet sensible alors que PSA et Opel, filiale européenne de GM, sont confrontés à d'importantes surcapacités en France et en Allemagne, Philippe Varin a déclaré dans une interview au Monde de vendredi qu'"il est trop tôt pour les dévoiler."

La perspective d'un travail commun sur les grandes berlines et breaks avait suscité des craintes à Rennes (Ille-et-Vilaine), l'usine de PSA spécialisée sur se segment prestigieux. En Allemagne, où Opel produit à Rüsselsheim la gamme Insignia de même taille, les syndicats étaient aussi en embuscade à l'idée d'un transfert d'activités de recherche ou de production de l'autre côté du Rhin.

PSA, qui a engagé une vaste restructuration en France et programmé la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois, avait tenu à rassurer à l'automne le site de Rennes en promettant qu'il produirait en 2016 la remplaçante de l'actuelle Citroën C5 sur une nouvelle plate-forme PSA. Cette annonce laissait déjà entendre que le groupe excluait d'utiliser dans les prochaines années la plate-forme Opel, ou une plate-forme commune, pour ce type de modèle.

"Nous allons effectivement mener ce développement avec nos propres moyens, et non avec notre allié", a ajouté Philippe Varin.

LES MOTEURS DE TREMERY ET DOUVRIN INTÉRESSENT GM

Mi-novembre, des sources proches du dossier avaient indiqué à Reuters que les deux partenaires avaient revu à la baisse leurs ambitions communes, échaudés par la complexité du dossier en Europe et par l'intervention de l'Etat en France.

Contraint de s'allier à GM pour pouvoir poursuivre son développement à l'international et sa stratégie de montée en gamme, alors que la chute de ses ventes en Europe lui fait perdre depuis plus d'un an 200 millions d'euros en cash chaque mois, PSA a également dû faire appel en octobre à la garantie de l'Etat pour sa filiale bancaire en difficulté.

Dans le Monde, Philippe Varin estime que cette garantie, conjuguée au pool bancaire du groupe, devrait permettre à Banque PSA Finance de sécuriser 18 milliards d'euros de financement.

"En 2013, nous réduirons notre consommation de cash de 100 millions d'euros par mois hors coûts de restructuration", a poursuivi le président du directoire du groupe. "Notre objectif est toujours de revenir à l'équilibre en cash opérationnel à fin 2014."

Si un projet a disparu à nouveau de la liste des priorités des deux groupes, après celui de boîte de vitesse DCT, un autre a été ajouté. PSA et General Motors vont ainsi développer en commun la future génération de petits moteurs essence trois cylindres que vient de lancer PSA. Ceux-ci sont produits à Tremery (Moselle) et à Douvrin (Pas-de-Calais).

Ils comptent également étudier de nouveaux projets de véhicules et d'usines en Amérique latine. En octobre, l'abandon d'un programme de petite voiture pour les marchés émergents, Amérique du Sud en tête, avait décontenancé les analystes alors que ceux-ci y voyaient pour PSA l'un des atouts les plus prometteurs de l'alliance avec GM.

Vers 11h30, l'action du constructeur automobile français gagnait 0,45% à 5,62 euros. L'indice des valeurs automobiles européennes prenait à la même heure 0,22%.

Le titre a perdu environ 47% depuis le début de l'année et sa capitalisation boursière ressort à près de deux milliards d'euros.

Les deux groupes ont également annoncé la signature de l'accord définitif pour la création d'une co-entreprise commune dans les achats à l'échelle mondiale, premier volet de leur coopération. Les deux groupes attendent chacun de leur alliance un milliard d'euros de synergies par an d'ici cinq ans.

Blandine Hénault et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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