PSA en contact avec des acheteurs pour ses gros moteurs

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PSA EN CONTACT AVEC DES ACHETEURS POUR SES GROS MOTEURS
PSA EN CONTACT AVEC DES ACHETEURS POUR SES GROS MOTEURS

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA est actuellement en contact avec des acheteurs potentiels pour les gros moteurs diesel et essence qu'il a développés avec Ford et BMW et qu'il continuera de produire en France après la fin de sa coopération avec les deux groupes, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie moteurs du constructeur.

PSA a confirmé au Mondial de l'automobile, dont les journées presse se sont ouvertes jeudi, la fin du partenariat avec BMW dans les moteurs essence "Prince" de 1,6 litre à partir de la fin 2016.

Le constructeur français et Ford avaient de leur côté déjà annoncé que le groupe américain développerait seul son futur gros moteur diesel de plus de deux litres prévu pour l'horizon 2017.

"Le moteur Prince est aujourd'hui une copropriété de PSA et BMW, donc développer les futures versions avec quelqu'un d'autre, c'est compliqué", a dit Christian Chapelle. "Par contre, PSA a le droit de vendre le moteur et (...) il y a plein de gens qui sont intéressés, pour l'acheter."

Il a précisé que le groupe était en contact avec plus de deux constructeurs, ce qui lui permettrait d'utiliser au mieux la capacité de production dont Ford et BMW n'auront plus besoin dans quelques années.

"On a des contacts sur les diesels et on a des contacts sur le moteur Prince", a-t-il ajouté. "Je pense que nos volumes de ventes vont à nouveau remonter, c'est assez cyclique."

La fin coup sur coup de ces deux coopérations a soulevé la question de la capacité de PSA, après ses difficultés financières récentes, à poursuivre seul le développement des nouvelles motorisations pour répondre à des normes d'émission de plus en plus strictes.

Le moteur essence développé avec BMW est fabriqué à Douvrin (Nord) et le diesel conçu avec Ford à Trémery (Moselle).

Christian Chapelle a précisé que PSA avait les moyens de continuer à faire évoluer seul le moteur essence, au moins jusqu'en 2020, dans sa version 1,6 litre (et 1,8 litre pour la Chine).

En revanche, si le groupe avait besoin pour le marché chinois d'un moteur essence plus gros encore - un turbo d'au moins deux litres - les volumes ne justifieraient pas qu'il le développe et le produise en interne. Le constructeur n'hésiterait pas alors à l'acheter, par exemple auprès de BMW ou de Ford.

"Certains pays sont encore fans de cylindrées assez élevées. Si on avait besoin d'un moteur de ce type-là, on se rapprocherait d'un constructeur qui en a, nous n'aurions aucun souci pour aller l'acheter", a poursuivi le directeur des motorisations de PSA.

Avec Ford, bien que les chemins des deux partenaires aient divergé en 2012 sur les grosses cylindrées diesel, Christian Chapelle a précisé qu'ils pourraient très bien à l'avenir retravailler ensemble.

"Pour la génération d'après, aujourd'hui nous réouvrons complètement la gamme", a-t-il indiqué. "Nous commençons à réfléchir à ce que nous allons faire en diesel au-delà de 2020, et toutes ces réflexions se font avec Ford. Nous sommes très fiers de notre coopération, nous avons produit 25 millions de moteurs ensemble depuis le début de la coopération, et on n'a pas envie que ça s'arrête."

(Avec Irene Preisinger et Laurence Frost, édité par Benoît Van Overstraeten)

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