Prudence sur les bancaires à Wall Street

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PRUDENCE SUR LES BANCAIRES À WALL STREET
PRUDENCE SUR LES BANCAIRES À WALL STREET

par Ryan Vlastelica

NEW YORK (Reuters) - Les investisseurs boursiers hésitent à se porter acheteurs des valeurs bancaires américaines, qui pourraient pourtant être la meilleure affaire sur un marché par ailleurs jugé cher, avec des indices boursiers près de leurs plus hauts niveaux historiques.

Sous plusieurs aspects, les bancaires se traitent avec une décote à Wall Street alors qu'elles devraient profiter de la croissance économique et des hausses de taux d'intérêt.

Pourtant, la prudence l'emporte à l'égard de ce secteur, ce qui pourrait se prolonger, surtout si les chiffres de l'emploi de septembre aux Etats-Unis, qui seront publiés vendredi, laissent penser que la Réserve fédérale américaine pourrait reporter son premier relèvement de ses taux directeurs.

Cette première hausse de taux est attendue au deuxième semestre 2015, même si le calendrier exact n'est pas connu.

Une hausse des taux d'intérêt devrait déboucher sur une augmentation des marges nettes d'intérêt (MNI), qui ont été faibles pour les grands noms de la cote. Bank of America, Citigroup et JPMorgan Chase ont toutes un MNI inférieur à la moyenne du secteur, qui se situe à 3,6%.

"Le risque pour les valeurs bancaires est que l'environnement de taux faibles se prolonge", dit Leo Grohowski, responsable de l'investissement chez BNY Mellon Wealth Management à New York. "Nous sommes plutôt optimistes, mais si la Fed ne bouge pas pendant longtemps, alors les MNI faibles péseront sur le secteur, plutôt que de promettre des hausses."

Les persectives en matière de MNI est un peu trouble dans la mesure où la première hausse des taux sera précédée par la fin du programme de rachats d'obligations de la Fed, entraînant un applatissement de la courbe des taux, ce qui a toujours tendance à avoir un impact négatif sur les marges des banques.

Leo Grohowski dit qu'en ce qui concerne les banques, "ses propres commentaires sont plus positifs que son allocation". De même, les analystes hésitent à les recommander à l'achat.

Il n'y a rien de nouveau dans cette prudence vis-à-vis du secteur, qui a souffert du durcissement de la réglementation et de la baisse des revenus des activités de trading, deux facteurs qui devraient se prolonger et qui ne devraient pas faciliter la réalisation de bénéfices aussi élevés qu'avant la crise.

Les résultats des banques ont baissé de 6,6% au deuxième trimestre, de loin la plus mauvaise performance sectorielle du S&P, même si c'est dû surtout à des éléments exceptionnels, notamment les frais juridiques et de réglements à l'amiable.

Mais les analystes y voient une opportunité d'achat.

Steven Rees, responsable de la stratégie chez JPMorgan Private Bank à New York, note que les grandes capitalisations bancaires ont un ratio de cours sur valeur comptable d'environ 1,3 alors que la fourchette historique est à environ 2,5 à 3, ce qui signifie qu'elles sont très bon marché ur ce plan, dit-il.

Il estime également qu'il y a un potentiel important de retour des dividendes dans le secteur dans les années à venir.

Les bénéfices dans le secteur financier devraient augmenter de 10% au troisième trimestre, selon les données de Thomson Reuters, un rythme plus élevé que dans la plupart des autres secteurs de la cote, à l'exception des materiaux et de la santé.

Les banques sont les valeurs les moins bien valorisées du S&P 500, selon les données StarMine concernant leur valeur intrinsèque qui évalue leur potentiel de croissance sur dix ans.

L'indice sectoriel S&P des financières a augmenté au cours des neuf derniers trimestres, mais il a sous-performé le S&P 500 depuis le début de l'année, en hausse de 6% alors que l'indice global a pris 6,7%. Depuis son point bas d'après crise en 2009, le secteur a repris 85% alors que le S&P a gagné 118%.

(Juliette Rouillon pour le service français)

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