Prudence des politiques sur un éventuel non-lieu pour Sarkozy

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LE PARQUET DE BORDEAUX N'A PAS PRIS DE DÉCISION À L'ÉGARD DE NICOLAS SARKOZY
LE PARQUET DE BORDEAUX N'A PAS PRIS DE DÉCISION À L'ÉGARD DE NICOLAS SARKOZY

PARIS/BORDEAUX (Reuters) - La classe politique a fait preuve de prudence vendredi après des informations de presse indiquant que le parquet envisagerait de requérir un non-lieu à l'égard de Nicolas Sarkozy, mis en examen pour abus de faiblesse dans le cadre de l'affaire Bettencourt.

Cette information a été démentie par le parquet de Bordeaux, qui a indiqué vendredi n'avoir pris aucune décision concernant l'orientation des réquisitions qu'il sera amené à prendre dans le cadre de la procédure judiciaire.

Selon Le Parisien et Le Figaro, le procureur aurait fait part de son intention de requérir un non-lieu dans un rapport remis jeudi matin à la Direction des affaires criminelles et des grâces (DAGC) du ministère de la Justice.

Les juges ne sont pas tenus de suivre les réquisitions du parquet et peuvent décider de renvoyer l'ancien président de la République devant un tribunal.

La mise en examen le 21 mars de Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" au détriment de l'héritière de L'Oréal avait donné lieu à de violentes critiques émises à l'égard de la justice et des magistrats par certains proches de l'ex-président, qui avaient notamment dénoncé "un acharnement judiciaire".

"C'est une bonne nouvelle qui pour moi me semble logique dans le cadre de cette procédure judiciaire, qui n'est pas arrivée à son terme", a dit l'ancienne ministre UMP, Nadine Morano, sur BFM TV. "Quand vous voyez le chef d'accusation de cette mise en examen qui nous a paru tellement grotesque évidemment ça serait un soulagement dans cette affaire mais il faut laisser la justice faire son travail."

Même prudence observée par l'ancienne ministre UMP de la Justice, Rachida Dati, invitée sur BFM TV-RMC : "Ça arrive, c'est l'état de droit tant mieux. Je ne vais pas commenter une information de presse que je ne connais pas. C'est la procédure qui veut ça."

"RIEN N'EST FAIT"

Pour Patrick Balkany, député UMP des Hauts-de-Seine, cette décision, si elle était confirmée, est le signe que le procureur estime qu'il n'y a "pas de raison de mettre en examen Nicolas Sarkozy et de le renvoyer devant un tribunal".

"C'est effectivement quelque chose de très important, c'est ce que nous avions toujours dit que leur dossier était vide", a-t-il dit sur BFM TV.

Si la réquisition du non-lieu est confirmée par le parquet et suivie par les juges, Nicolas Sarkozy n'est pas pour autant "sorti de ses difficultés", a estimé la présidente du FN, Marine Le Pen.

"Dans l'affaire Bettencourt, il y a l'abus de faiblesse mais aussi le financement illégal de la campagne, il y a l'affaire Karachi, et l'affaire Tapie qui arrive", a-t-elle dit sur Radio Classique.

A gauche, Jean Luc Mélenchon, a jugé pour sa part que rien n'était fait. "J'en déduis que le parquet doit avoir ses raisons, le parquet est lié au ministère de la Justice", a dit le co-président du Parti du gauche sur France info. "Je n'imagine pas (la ministre de la Justice) Mme Taubira donner des consignes personnelles, donc le magistrat a l'air de prendre sa décision sur ses bases à lui. Rien n'est fait, il s'agit juste d'un rapport donc attendons la suite."

L'ex-président a été longuement entendu le 21 mars par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil qui cherchait à déterminer le nombre de visites effectuées par l'ancien chef de l'Etat au domicile des Bettencourt en 2007.

Nicolas Sarkozy assure ne s'y être rendu qu'une seule fois, pendant sa campagne présidentielle 2007, pour y rencontrer André Bettencourt. Il a juré sur sa page Facebook "n'avoir jamais trahi les devoirs de charge" et a assuré que la vérité "finira par triompher."

Marine Pennetier, avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse

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