Prudence des banques après l'accord européen sur les faillites

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RÉACTIONS PRUDENTES DES BANQUES À L?ACCORD EUROPÉEN SUR LES FAILLITES
RÉACTIONS PRUDENTES DES BANQUES À L?ACCORD EUROPÉEN SUR LES FAILLITES

FRANCFORT (Reuters) - Les banques de l'Union européenne (UE) accueillaient jeudi avec une satisfaction prudente l'accord conclu dans la nuit par les ministres des Finances des 27 afin d'alléger la participation des contribuables à d'éventuelles futures faillites bancaires.

L'accord, qui entrera en vigueur d'ici 2018, prévoit une nouvelle règle en vertu de laquelle les pays de l'UE pourront imposer des pertes aux créanciers obligataires et aux déposants dont les comptes dépassent les 100.000 euros, au cas où une banque serait en difficulté.

"Après l'accord conclu la nuit dernière, le projet d'union bancaire européenne se précise", affirme Antonio Patuelli, président de la fédération bancaire italienne ABI. "C'était l'un des éléments les plus compliqués sur lesquels il fallait s'entendre. La solution retenue est équilibrée."

L'accord devrait minimiser les recours au Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro, même si la France a obtenu qu'il puisse être utilisé pour venir en aide aux banques en difficulté.

"Une étape importante a été prise en termes de résolution future et de clarification", souligne Matt Cairn, stratège pour Axa Investment Managers. "Le MES ne devra désormais n'être utilisé qu'en dernier recours et ne sera pas la solution unique que l'on voulait en faire, mais qu'il n'était pas assez important pour constituer."

Certains banquiers craignent néanmoins que l'UE, qui a dépensé l'équivalent d'un tiers de son produit intérieur brut (PIB) annuel pour aider ses banques de 2008 à 2011, effraient les investisseurs en imposant des pertes éventuelles aux gros déposants.

"Les banques sont mieux capitalisées que jamais, ce qui éloigne à toute vitesse le risque de faillite pour les principaux établissements, mais pas pour tous", juge Victor Verbeck, responsable des cotes de crédit chez Robeco Asset Management. "Les banques de deuxième et troisième catégorie risquent d'avoir de la peine à convaincre les investisseurs."

La banque Daiwa Capital Markets estime toutefois que les risques sont pour le moment limités, car l'accord ne s'appliquera que dans cinq ans.

"Ces règles visent à résoudre les futures crises du secteur bancaire, mais pas celle qui a lieu en ce moment", affirme Daiwa dans une note.

Pour Neil Williamson, qui dirige les activités de recherche de crédit pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique chez Aberdeen Asset Management, les banques auront d'ici là le temps de renforcer leurs capitaux et leurs bilans.

"La plupart des banques disposeront en 2018 d'assez de fonds propres et de dette subordonnée pour ne pas inquiéter de façon conséquente les porteurs d'obligations", déclare-t-il.

Edward Taylor et Kathrin Jones, avec Aime Donnellan et Natalie Harrison à Londres et James Mackenzie à Rome; Julien Dury pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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