Prudence à Paris après des propos de la Misma sur les otages

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PARIS (Reuters) - Le commandant nigérian de la mission internationale de soutien au Mali (Misma) a déclaré lundi que sa force travaillait à la libération des otages français au Sahel, des propos que des sources françaises ont invité à prendre avec précaution.

Interrogé par BFM-TV, le général Shehu Abdul Kadir a évoqué la préparation d'une opération visant à libérer les sept hommes capturés par des rebelles islamistes et sans doute détenus dans le nord-est du Mali.

"Nous y travaillons (...) Je ne veux pas vous révéler la teneur de nos plans, on garde ça pour nous pour l'instant. Les autorités compétentes vous préviendront", a déclaré le commandant en chef de la Misma.

A la question de savoir si l'éventuelle opération de sauvetage serait française ou coordonnée avec des Africains, il a répondu : "On garde ça pour nous, ça fait partie de notre plan et on ne veut pas tout dévoiler maintenant".

Plusieurs sources françaises ont invité à prendre avec précaution cette déclaration que l'une d'elle a qualifiée "d'intempestive".

"Il voulait sans doute parler globalement de la mission, de son objectif de reprendre le contrôle du nord du pays", a déclaré une source militaire française.

Libérer les otages "ne fait pas partie des missions de la Misma, qui ne serait pas forcément prévenue le cas échéant", a déclaré une autre source française.

Samedi à Bamako, le président François Hollande a déclaré que les forces françaises étaient "tout près" des otages et qu'il était encore temps pour leurs ravisseurs de les libérer.

"Nous disons à ceux qui les ont enlevés, qui les détiennent encore depuis trop longtemps, certains depuis plus de deux ans, qu'il est encore temps de les libérer", a dit le chef de l'Etat. "Nous sommes là, tout près, et ils peuvent faire maintenant l'acte qui est attendu d'eux, sans négociation."

Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, il est "probable" que les sept otages français soient détenus dans l'Adrar des Ifoghas, un massif montagneux désertique dans le nord-est du Mali contrôlé par les islamistes.

Dans un communiqué publié lundi soir, les familles de quatre otages français enlevés il y a deux ans et demi au Niger disent voir "grandir leurs craintes et leur angoisse".

"La proximité des forces armées, dont les forces françaises, près de leur lieu de détention, est à la fois une raison d'espérer et renforce la peur des familles tout en leur donnant une lueur d'espoir", écrivent les proches de Thierry Dol, Marc Feret, Daniel Larribe et Pierre Legrand.

"Sans retirer la responsabilité première de cette situation aux preneurs d'otages, les familles ne pourraient accepter que la vie de Thierry, Marc, Daniel, Pierre, soit mise en danger dans une tentative périlleuse, qui ne laisserait aucune chance de survie à ces hommes innocents", ajoutent-ils.

Marion Douet et Elizabeth Pineau, édité par Guy Kerivel

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