Prostitution : pourquoi la France doit (encore) inventer son modèle

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Photo d'illustration prise en octobre 2013 à Toulouse
Photo d'illustration prise en octobre 2013 à Toulouse

Partisans et détracteurs de la proposition de loi sur la réglementation de la prostitution, discutée ce vendredi à l'Assemblée nationale et qui vise notamment à sanctionner les clients, s'écharpent depuis plusieurs semaines pour défendre leur position. Elles sont irréconciliables, car, en la matière, deux modèles s'opposent. Les abolitionnistes arguent que si chacun est libre de disposer de son corps, il n'est pas libre de disposer du corps d'autrui. À l'opposé, les "réglementaristes" leur objectent que "se prostituer est un service comme un autre et que l'on ne vend pas son corps, on le loue".

Deux pays ont traduit ces positions de principe dans les faits. La Suède où, dès 1999, les clients ont été pénalisés. Et l'Allemagne qui a légalisé la prostitution en 2002. On dispose donc, semble-t-il, d'un recul suffisant pour juger du bien-fondé sur le terrain de ces législations.

Suède : un modèle controversé

Il y a presque 15 ans, la Suède était le premier à interdire tout achat de services sexuels au nom de l'égalité hommes-femmes et de la dignité humaine. Elle a été érigée en modèle par la députée socialiste, Maud Olivier, qui porte la proposition de loi française : "L'exemple suédois est la preuve que l'on peut faire changer les choses et que la prostitution n'est pas une fatalité".

En Suède, le client est désormais le coupable et la prostituée la victime. Ces "acheteurs de sexe", comme on les nomme là-bas,...

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