Propositions franco-belges contre la "menace" djihadiste

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PARIS (Reuters) - La France et la Belgique ont proposé jeudi à leurs partenaires européens une série de mesures de lutte contre le terrorisme djihadiste, notamment la mise en commun d'informations sur le retour de suspects potentiels de Syrie sur le sol européen.

L'Union européenne entend également mettre l'accent sur le contrôle des réseaux sociaux susceptibles de diffuser de la propagande encourageant au radicalisme ou au terrorisme et rencontrera à cette fin les principaux opérateurs d'internet dans le courant du mois.

Mehdi Nemmouche, ressortissant franco-algérien soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier, s'était rendu en décembre 2012 en Syrie où il a passé plus d'un an dans les rangs de groupes combattants, selon le parquet de Paris.

Les ministres de l'Intérieur des neuf Etats membres de l'Union européenne les plus touchés par le phénomène du djihadisme se sont réunis à Luxembourg en marge du Conseil Justice et Affaires intérieures (JAI).

La Belge Joëlle Milquet et le Français Bernard Cazeneuve leur ont soumis des propositions, élaborées en lien avec le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, qui ont été "largement soutenues", précisent-ils dans un communiqué commun.

Les ministres prônent notamment "l'information réciproque et le suivi lorsque le retour d'une personne de Syrie est détecté, que ce soit grâce aux signalements Schengen ou aux données sur les passagers des lignes aériennes (PNR)".

Autres pistes : amélioration et renforcement des signalements au système d'information Schengen, des contrôles aux frontières extérieures de l'UE et transmission d'informations à Europol "de manière à exploiter pleinement ses capacités d'analyse".

Les Etats concernés devraient se réunir dans les dix jours pour préciser les modalités techniques des futures mesures et procédures, qui seront entérinées début juillet lors d'une réunion informelle à Milan du Conseil JAI.

Dans une note soumise jeudi aux ministres européens de l'Intérieur, et dont Le Monde a eu connaissance, le coordinateur de la lutte antiterroriste évoque "un phénomène qui va sans doute persister au cours des prochaines années".

Il juge que le dispositif actuel est insuffisant "compte tenu de l'ampleur de la menace". Il insiste notamment sur la nécessité de diffuser un "contre-discours" sur les réseaux sociaux à destination des jeunes menacés d'embrigadement et tentés de se radicaliser.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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