Proposition du médiateur pour la SNCM, Valls veut lever le blocus

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LE NÉGOCIATEUR PROPOSE UN TEXTE DE COMPROMIS POUR LA SNCM
LE NÉGOCIATEUR PROPOSE UN TEXTE DE COMPROMIS POUR LA SNCM

MARSEILLE (Reuters) - Les six syndicats des grévistes de la SNCM présenteront jeudi aux salariés de la compagnie maritime un texte du négociateur nommé par le gouvernement repoussant la perspective d'un redressement judiciaire, ont déclaré des dirigeants syndicaux.

Ce document signé par Gilles Bélier et fruit de trois jours de discussions intervient alors que le Premier ministre, Manuel Valls, a dit un peu plus tôt mercredi vouloir faire cesser les blocages de navire et les violences dans les ports.

Le conflit à la Société nationale Corse Méditerranée en est à son 16e jour et paralyse l'activité économique de l'île.

Selon Maurice Perrin, de la CGT, le texte du négociateur donne plusieurs mois à la SNCM avant toute procédure collective telle qu'un éventuel redressement judiciaire.

"Il faut saluer le travail du négociateur qui nous a transmis un texte signé par lui-même et le préfet de Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur)", a pour sa part dit à Reuters Patrick Panzani, du syndicat autonome des marins.

"Ce texte liste les différences de point de vue entre les salariés et les actionnaires", a-t-il précisé. "Nous réservons la primeur de ce texte aux salariés lors de l'assemblée générale de demain. Mais il montre que le redressement judiciaire n'est plus l'unique priorité. Ce sera alors aux salariés de décider ce qu'il convient de faire."

Les syndicats réclament des assurances sur la mise en oeuvre du plan industriel signé en juin 2013 par l'ancienne direction de la compagnie, dont la société Transdev, détenue à 50% par Veolia et à 50% par la Caisse des dépôts, a repris le contrôle en mai dernier.

Ce plan prévoit la suppression de 500 emplois sans licenciement sur 2.600 postes et le renouvellement de la flotte avec l'achat de quatre navires. Mais Transdev et Veolia, qui souhaitent se désengager, refusent de l'appliquer.

Le Premier ministre a annoncé qu'il recevrait jeudi les "acteurs socio-économiques" corses pour chercher des solutions et des compensations à la situation provoquée par la grève.

LA TENSION MONTE EN CORSE

"Le blocage des navires et les violences sur les ports sont inacceptables", a-t-il ajouté lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. "Le gouvernement, dans les heures qui viennent, prendra toutes les mesures nécessaires pour que ces blocages cessent, ils ont trop duré."

Auparavant, les marins avaient voté la reconduction pour 24 heures de leur mouvement, entré dans sa troisième semaine malgré un appel de Manuel Valls, mardi, à y mettre fin, sous peine de "couler" la compagnie.

En Corse, près de 1.000 commerçants, entrepreneurs et agriculteurs, selon les organisateurs, 350 d'après la police, ont manifesté à Bastia contre "le manque de responsabilité de la CGT Marins" et "le manque de courage du gouvernement".

La grève paralyse le fret et une grande partie des rotations entre la Corse et le continent en pleine saison touristique.

Une délégation reçue à la préfecture a appelé le gouvernement à mettre un terme au blocage du port de Marseille et du Kalliste, un navire de la CMN (Compagnie méridionale de navigation) retenu par les grévistes.

Une trentaine de manifestants ont forcé les portes de la direction régionale de la SNCM à Bastia, renversé du matériel et arrosé des bureaux avec un extincteur.

Le président du Conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, reproche au gouvernement de ne pas faire respecter la libre circulation maritime et estime que l'île "perd un million d'euros par jour depuis le début du mouvement".

Vannina Pieri, présidente de l'Agence pour le tourisme de la Corse, a déclaré dans Corse-Matin que "quelque 230.000 passagers sont d'ores et déjà perdus côté SNCM".

A Marseille, les négociations butaient alors sur la position de Transdev, actionnaire à 66% de la SNCM, qui privilégie comme le gouvernement une procédure de redressement judiciaire - un "diktat" dénoncé par les syndicats.

La situation de la SNCM est notamment grevée par la décision de la Commission européenne de demander le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat, jugées illégales.

(François Revilla, avec Elizabeth Pineau et Roger Nicoli à Bastia, édité par Gérard Bon et Emmanuel Jarry)

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  • M7403983 le mercredi 9 juil 2014 à 21:43

    Valls veut lever le voile ... Oh Oh Oh !!!!