Prolonger le nucléaire, l'option la moins chère selon un rapport

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SELON UN RAPPORT, LA PROLONGATION DU NUCLÉAIRE SERAIT L'OPTION LA MOINS CHÈRE
SELON UN RAPPORT, LA PROLONGATION DU NUCLÉAIRE SERAIT L'OPTION LA MOINS CHÈRE

PARIS (Reuters) - L'extension de la durée de vie des centrales nucléaires françaises est l'option la moins chère pour l'État jusqu'à 2035-2040, selon la version provisoire d'un rapport commandé par Eric Besson et révélée lundi par Mediapart.

Selon le site d'information, EDF estime que la prolongation de la durée de fonctionnement de ses centrales coûterait de 680 à 860 millions d'euros par réacteur.

Or, la construction d'un réacteur de nouvelle génération d'Areva coûterait par comparaison environ 5 milliards d'euros par réacteur.

"Cette option de prolongation s'avère de loin la moins coûteuse en termes d'investissements jusqu'à 2035-2040, quel que soit le scénario alternatif où il y aurait remplacement de réacteurs par un quelconque autre moyen de production", dit le rapport, dont la version définitive doit être remise au ministre de l'Industrie et de l'Energie le 13 février.

L'estimation d'EDF tient compte des mesures demandées par l'Autorité de sûreté nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima au Japon. Des mesures dont l'électricien français a estimé début janvier qu'elles généreraient un surcoût de 10 milliards d'euros.

Commandé par le ministre de l'Industrie et de l'Énergie en octobre dernier, ce rapport analyse différents scénarios de politique énergétique pour la France à l'horizon 2050. Il doit "éclairer" la programmation pluriannuelle que le ministre présentera au Parlement en 2013.

Quatre scénarios sont envisagés: la prolongation du parc nucléaire, l'accélération du passage à la troisième voire quatrième génération nucléaire, la réduction progressive du nucléaire, et la sortie totale du nucléaire.

Dans cette version provisoire, le rapport souligne que si la proportion du nucléaire dans la production d'électricité passait de 75 à 50% en France, la hausse des prix de l'électricité se traduirait en 2030 par une perte de PIB de 0,6% et de 0,9% si elle passait à 20%.

Mais les conclusions de ce rapport ne sont pas définitives, et n'engagent pas le ministre, insiste-t-on au gouvernement.

"Le rapport 'Énergies 2050' n'est absolument pas finalisé", dit une source au cabinet d'Eric Besson. "Ce rapport n'engagera que la commission qui l'a élaboré," ajoute-t-elle.

L'UMP souhaite le maintien de la part du nucléaire dans la production d'électricité française à 75%, alors que François Hollande veut la faire passer à 25% à l'horizon 2025.

La fermeture de Fessenheim, que le candidat socialiste a promise s'il est élu en mai, entraînerait un manque à gagner de 1,1 milliard d'euros pour EDF au cours des 8 prochaines années et de 3 milliards d'ici à 2040, indique le rapport.

Il souligne enfin qu'Areva a la capacité de produire deux EPR par an.

Chine Labbé, Muriel Boselli et Karolin Schaps, édité par Gérard Bon

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