Prolongée de cinq jours, la trêve tient à Gaza

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* La trêve a été prolongée au dernier moment mercredi soir * Les deux camps s'accusent de l'avoir violée au cours de la nuit * Le calme est revenu * Reprise des pourparlers prévue dimanche au Caire (Actualisé avec confirmation d'un responsable israélien, précisions sur les pourparlers) par Nidal al-Mughrabi et Maayan Lubell GAZA/JERUSALEM, 14 août (Reuters) - Israël et les Palestiniens ont prolongé de cinq jours la trêve dans la bande de Gaza pour donner davantage de temps à leurs pourparlers indirects au Caire et le calme semblait prévaloir jeudi malgré une nuit de tensions. Les deux camps se sont mutuellement accusés au cours de la nuit d'avoir enfreint le cessez-le-feu en vigueur depuis lundi, qui a été prolongé juste avant son expiration mercredi soir. L'armée israélienne a affirmé que les activistes palestiniens de Gaza avaient tiré huit roquettes en direction de l'Etat hébreu et que ce dernier avait riposté en bombardant plusieurs "sites terroristes et de tirs de roquettes" à travers l'enclave côtière. Un responsable du Hamas, Izzat Rechik, a démenti toute violation de la trêve de la part des Palestiniens. Il a pour sa part qualifié les frappes aériennes menées par Israël de "violation du calme". Aucune victime n'a été signalée et les hostilités avaient cessé à l'aube. Juste avant l'expiration de la trêve, la délégation palestinienne au Caire a annoncé mercredi soir que celle-ci avait été prolongée de cinq jours pour permettre aux deux camps de poursuivre leurs discussions sur une cessation durable des hostilités. S'exprimant sous le sceau de l'anonymat, un responsable israélien a pour sa part déclaré: "Israël a accepté une prolongation du cessez-le-feu." Depuis le déclenchement le 8 juillet de l'opération "Bordure protectrice" par Israël pour mettre fin aux tirs de roquettes en provenance de Gaza, 1.945 Palestiniens ont été tués, dont une majorité de civils, selon les services de secours. Israël a pour sa part fait état de 67 morts, dont 64 militaires. Au Caire, les deux camps ne discutent pas directement mais par l'intermédiaire de médiateurs égyptiens. La délégation palestinienne comprend des représentants du Hamas, mouvement islamiste contrôlant la bande de Gaza et prônant la destruction d'Israël. L'Etat hébreu considère de son côté le Hamas comme une organisation terroriste. NOUVELLE PROPOSITION ÉGYPTIENNE Des négociateurs palestiniens ont déclaré qu'ils retourneraient au Caire samedi soir en vue d'une reprise des discussions dimanche. Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas dans la bande de Gaza, a déclaré mercredi à la chaîne de télévision de son mouvement que la levée du blocus de Gaza et un assouplissement des conditions de déplacement des 1,8 million d'habitants du territoire côtier constituaient des conditions préalables à un "calme permanent". Israël et l'Egypte, qui impose également un blocus à Gaza, continuent de limiter l'accès au territoire, de crainte de voir les activistes palestiniens reconstituer leur arsenal avec des armements en provenance de l'étranger. Selon un responsable palestinien, l'Egypte a soumis aux deux camps une nouvelle proposition pour parvenir à une accalmie durable. De sources égyptiennes et palestiniennes, on indique qu'Israël pourrait, sous certaines conditions, autoriser certaines marchandises à entrer dans la bande de Gaza et assouplir les entrées et sorties de personnes et de biens. Les Palestiniens réclament aussi la création d'un port et la reconstruction de l'aéroport détruit lors des précédents conflits avec Israël. L'Etat hébreu invoque des raisons de sécurité pour s'opposer à ces demandes. Face au blocage, les deux parties ont accepté de reporter d'un mois les discussions sur ce point, a dit un responsable palestinien. Aux termes de la proposition égyptienne, Israël devrait accepter une extension de la zone de pêche accordée aux pêcheurs gazaouis en les autorisant à se rendre jusqu'à 10 km du littoral contre 5 km actuellement. Cette limite sera progressivement portée à "pas moins de" 20 km dans le cadre d'une "coordination entre l'Autorité palestinienne et Israël", a ajouté ce responsable palestinien, faisant ainsi référence à un rôle accru à Gaza pour le président Mahmoud Abbas, basé en Cisjordanie. Des mesures seraient également prévues pour les agriculteurs palestiniens de Gaza: la zone frontalière d'Israël dans laquelle les Palestiniens ne peuvent s'implanter serait ramenée à 100 mètres, au lieu de 300 mètres actuellement. (Avec Stephen Kalin et Lin Noueihed au Caire; Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français)

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