Projet aquacole géant de la Chine en Polynésie française

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* Une ferme dans le Pacifique pour alimenter le marché chinois * Les investisseurs chinois ont choisi une ancienne base française * Inquiétude des habitants de l'atoll par Daniel Pardon PAPEETE, 12 mai (Reuters) - Témoin de l'appétit de la Chine pour les ressources halieutiques, la première pierre d'une ferme aquacole géante a été posée dans le lagon de Hao, en Polynésie française, pour livrer des poissons du Pacifique directement aux Chinois. Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, et Cheng Wang, président de Tahiti Nui Ocean Foods, filiale du groupe chinois Tian Rui International Investments, ont coupé mercredi dernier le ruban inaugural de ce projet bâti pour assurer l'approvisionnement du marché haut de gamme en Chine. La première pierre est un rocher basaltique de 15 tonnes, expédié depuis Tahiti par bateau à destination de cet atoll des Tuamotu constitué seulement de débris et de sables coralliens. Dans un peu moins de deux ans, au prix d'un investissement de 1,315 milliard d'euros, 50.000 tonnes de poissons lagonaires -- mérous, napoléons ou loches saumonées -- sortiront chaque année de 2.800 cages immergées dans le lagon protégé de Hao. Le chantier de construction emploiera 400 à 550 personnes tandis que 500 personnes encadrées par des spécialistes chinois de l'aquaculture exploiteront la ferme en régime de croisière. Le groupe chinois a choisi ce site situé au coeur de l'archipel des Tuamotu pour ses équipements. Il s'agit de l'ancienne base arrière militaire du Centre d'expérimentations nucléaires du Pacifique, à l'abandon depuis la fin des essais atomiques français il y a 20 ans, qui dispose d'une piste d'aviation pour gros porteurs, ainsi que d'un port et d'un quai en eaux profondes. "UN PETIT BOUT DE CHINE" "C'est un investissement à long terme, nous allons avancer pas à pas", a déclaré Cheng Wang lors de l'inauguration, évoquant un doublement potentiel, à 100.000 tonnes par an, des capacités de production de poissons d'élevage à condition que sa société puisse s'étendre sur d'autres atolls. Pour cette zone située à 920 kilomètres de Tahiti, où l'activité est au point mort depuis la fin des expérimentations nucléaires françaises à Mururoa et à Fangataufa en 1996, cet investissement est d'une importance capitale. "L'atoll de Hao, c'est un petit bout de Chine. Ici, vous êtes chez vous", a déclaré aux investisseurs chinois le maire de Hao, Théodore Tuahine, qui espère pouvoir donner du travail aux 233 chômeurs de sa commune, où vit un millier d'habitants. Mais l'inquiétude règne dans la population face au gigantisme du projet dans cette petite communauté isolée. Les habitants de Hao ont ainsi largement boudé les cérémonies de pose de la première pierre et le président de la Polynésie française a dit comprendre leurs réserves. "La dimension du projet peut effectivement créer un peu d'inquiétude", a dit Edouard Fritch. "Si j'habitais Hao, je serais inquiet, mais il faut faire confiance aux investisseurs." Il a d'ailleurs admis qu'il restait des zones d'ombre dans ce projet gigantesque : "Pour l'élevage en pleine mer, on manque encore d'informations." (Edité par Yves Clarisse)

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  • M9946587 le mardi 12 mai 2015 à 10:08

    Après le nucléaire, cela va être le massacre du à l'élevage aquacole ... décidément, cette partie du monde à l'image de paradis va continuer à en prendre plein la g...le .... que tout cela est bien triste ... un exemple de plus pour confirmer que l'homme court à sa perte notamment s'il ne maîtrise pas le nombre d'habitants de cette pauvre terre ...