"Profonde inquiétude" du Conseil de sécurité sur le Mali

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LES REBELLES MALIENS ONT PRIS LA VILLE DE KONNA
LES REBELLES MALIENS ONT PRIS LA VILLE DE KONNA

NATIONS UNIES (Reuters) - Réunis en urgence, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont exprimé jeudi leur "profonde inquiétude relative aux mouvements militaires et aux attaques de terroristes islamistes signalés dans le nord du Mali, en particulier la prise de la ville de Konna".

"Cette grave détérioration de la situation menace davantage encore la stabilité et l'intégrité du Mali et constitue une menace directe pour la paix et la sécurité internationales", ajoute le Conseil de sécurité à l'issue de cette réunion organisée à la demande de la France.

Cette réunion s'est tenue alors que les insurgés islamistes ont chassé jeudi l'armée de la localité stratégique de Konna, dans le nord du Mali, à 600 km environ au nord-est de la capitale, Bamako.

La chute de Konna, au terme des affrontements les plus acharnés depuis le début de l'offensive des combattants touareg et djihadistes, constitue un revers majeur pour les forces gouvernementales qui avaient fait état dans la journée de progrès face à l'alliance des rebelles liés à Al Qaïda.

Konna représentait le dernier rempart entre les insurgés et Mopti, la principale ville de la région qui est située à une cinquantaine de kilomètres de là et qui constitue la porte du Nord désertique.

L'ambassadeur français auprès des Nations unies, Gérard Araud, a déclaré que "si les terroristes n'entendaient pas ce message, le Conseil de sécurité pourrait se réunir à nouveau en urgence, cette fin de semaine par exemple, pour réagir plus fermement".

Il a confirmé la réception d'un appel à une aide militaire lancé par le gouvernement malien, précisant que "la nature de la réponse à cette lettre sera(it) annoncée demain (vendredi) à Paris".

Son homologue américaine, Susan Rice, a déclaré pour sa part que cette demande, adressée au Conseil de sécurité, revenait pour l'essentiel à un appel à l'aide lancé à la France, l'ex-puissance coloniale en pointe dans la réaction de la communauté internationale depuis le début de la crise malienne, en mars dernier.

Les puissances occidentales et les gouvernements régionaux redoutent que les islamistes qui se sont rendus maîtres du nord du Mali n'en fassent la base arrière d'opérations armées.

A la suite de la résolution 2085, le Conseil de sécurité a validé un plan d'intervention d'une force militaire internationale dans le Nord-Mali.

Mais du fait de contraintes logistiques notamment, aucune force africaine ne semble en mesure de se déployer avant septembre, d'où la possibilité que les puissances mondiales décident d'agir plus tôt, a noté un diplomate onusien.

En visite à Bamako, l'envoyé spécial de l'Onu pour le Sahel, Romano Prodi, a déclaré jeudi: "Si l'offensive se poursuit, je pense que la communauté internationale prendra une décision d'urgence."

Louis Charbonneau, avec Tiemoko Diallo à Bamako; Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André pour le service français

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