Profaner une tombe : plus qu'une dégradation, une atteinte à la personne

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Le mardi 31 octobre, la stèle d'Ilan Halimi a de nouveau été dégradée.  (crédit : ALAIN JOCARD)
Le mardi 31 octobre, la stèle d'Ilan Halimi a de nouveau été dégradée.  (crédit : ALAIN JOCARD)

Pour la deuxième fois, des individus ont profané la stèle érigée à la mémoire d'Ilan Halimi, ce jeune homme torturé à mort par le « gang des barbares » en février 2006 à Bagneux. Brisée en 2015, elle avait été remplacée. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, elle a été recouverte de croix gammées, de références à Hitler et d'inscriptions telles que « Libérez Fofana », chef de la bande qui l'a assassiné. Pourquoi une telle profanation ? Pourquoi s'en prendre aux tombes ? Arnaud Esquerre, sociologue chargé de recherche au CNRS et membre du laboratoire d'ethnologie de l'université de Nanterre, a répondu à nos questions.

Le Point.fr : Que signifie profaner une tombe ? D'où vient ce terme ?

Arnaud Esquerre : À partir du XIXe siècle, et tout au long du XXe jusqu'aux années 1990, on n'utilisait plus le terme de profanation dans le domaine juridique. L'expression employée était la « violation de sépulture ». Elle désignait une dégradation par définition matérielle et volontaire, soulignant l'intention dans le geste. Mais, dans les années 1990, la profanation du cimetière juif de Carpentras a déclenché un vif débat. Cet événement a beaucoup mobilisé la population : le Front national et plus généralement l'extrême droite ont été accusés d'avoir créé un climat propice à ces profanations. Le caractère...

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