Produits dérivés : « Rien n'a changé depuis 2008, ou si peu »

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Christophe Nijdam a piloté une étude sur les banques.

Une nouvelle criseest à craindre ?

CHRISTOPHE NIJDAM. Je ne lis pas dans le marc de café mais, sur ces dix dernières années, on a eu une crise bancaire forte tous les trois ans en moyenne. Après les subprimes et la chute de Lehman Brothers (2007 et 2008), il y a eu le problème de liquidités de l'été 2011. Or la spéculation à l'origine des crises a repris de plus belle. Même si les produits dérivés ne sont pas tous toxiques,? ce n'est après tout qu'une police d'assurance ? leur marché a retrouvé en 2013 son niveau d'avant 2008. Actuellement, ils représentent dix fois le produit intérieur brut mondial.

Des mesures ont pourtant été prises pour limiter cette spéculation effrénée?

Rien n'a changé depuis 2008. Ou si peu. Il y a des effets d'annonce, mais ça s'émousse à la mise en ?uvre. Le lobby bancaire est vent debout pour déconstruire les digues mises en place. Aux Etats-Unis, la règle Volker limitant les investissements spéculatifs a été énucléée. En Europe, le ratio de liquidités Bâle III (NDLR : visant à rééquilibrer les dépôts bancaires par rapport à leurs crédits) a été allégé de moitié. Certes, les banques françaises ont plutôt une bonne solvabilité. Mais elles n'ont pas assez de liquidités et trop de dérivés, ce qui peut entraîner la faillite. C'est ce qui s'est passé avec Dexia ou bien avec le CIF. Quand on étudie les banques européennes, elles ont 95% de dettes et 5% de fonds propres.

En cas de crise, les clients des banques peuvent-ils être touchés?

Je ne veux pas provoquer de panique mais, s'il y a faillite, les dépôts bancaires, garantis en France jusqu'à 100000 ?, peuvent être touchés. En mars 2013, à Chypre, on a demandé aux déposants de mettre la main à la poche. Cela met fin à la sanctuarisation de ces dépôts. En France, le fonds de garantie est inférieur à 2 Mds? pour ...

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  • M3182284 le samedi 4 jan 2014 à 20:21

    Quel nul; EMIR, la fin du prop trading, les books divisés par 3, le tripartisme sur les Repo: s'il ne voit rien c'est qu'il est aveugleEn outre, les normes IFRS ont tué la spéculation sur les dérives dans les entreprises. Bon, d'un analyste equity on peut pas demander de comprendre les dérivés