Production arrêtée à PSA Aulnay, manifestation à Rennes

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ARRÊT DE LA PRODUCTION À PSA AULNAY
ARRÊT DE LA PRODUCTION À PSA AULNAY

PARIS/RENNES (Reuters) - La ligne de production sur le site PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois a été arrêtée vendredi et un millier de salariés ont débrayé et manifesté sur le site de Rennes au lendemain de l'annonce par le groupe de la suppression de 8.000 postes.

Le mouvement à l'usine PSA de Rennes-La Janais, qui a vu mille ouvriers débrayer pendant une heure sur un site où les mouvements sociaux sont limités, a été qualifié "d'historique" par les syndicats.

"C'était du jamais vu. On ne s'attendait pas du tout à cela. Nous avons vu des cortèges d'ouvriers, de cadres, de techniciens sortir des ateliers pour se rassembler près de l'entrée principale dans un élan de solidarité incroyable", a déclaré à Reuters Nadine Cormier, déléguée Force ouvrière.

Le groupe prévoit la suppression de 1.400 emplois à Rennes sur 5.600 postes.

Avant le débrayage, qui s'est déroulé entre midi et 13 heures aux cris de "non, non, non, aux licenciements", les représentants syndicaux ont assisté à un comité d'entreprise où leur a été remis un document de plusieurs dizaines de pages détaillant le projet de restructuration du site et les suppressions d'emplois.

Aucun élément n'a filtré de ce document, les délégués syndicaux étant tenus à la confidentialité qui leur a été demandée jusqu'au prochain comité central du groupe le 25 juillet à Paris.

A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la production a cessé vendredi à partir de 11h00 (09h00 GMT), a-t-on appris auprès de la direction du groupe automobile.

Un porte-parole a expliqué que la direction de l'usine laissait aux salariés le temps de digérer l'annonce, la veille, de l'arrêt de la production en 2014 et la suppression de 3.000 postes.

"Ce n'est pas lié à un appel à la grève mais à l'émotion légitime sur le site après les annonces d'hier. La production passe après, la direction de l'usine s'est mobilisée pour rester à l'écoute des gens qui seraient en situation de détresse", a expliqué un porte-parole du site.

Des syndicalistes affirment que tout est parti d'un débrayage, qui aurait débuté quand la direction a demandé de réparer une panne dans un atelier, a rapporté une source syndicale.

Les salariés d'Aulnay-sous-Bois avaient spontanément cessé le travail jeudi à l'annonce du plan de la direction et l'usine avait déjà tourné toute la journée au ralenti.

Seul le syndicat Sud, troisième organisation du site, a appelé les salariés à continuer à bloquer la production.

La CGT et les autres membres de l'intersyndicale ont prévu d'engager une "guerre" contre la fermeture du site à la rentrée. Une assemblée générale est prévue le 11 septembre, a-t-on précisé de source syndicale.

Le constructeur automobile a annoncé son intention de supprimer au total 8.000 postes supplémentaires sur ses sites français face à la dégradation du marché européen.

Pierre-Henri Allain et Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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