Proche-Orient-Fabius appelle à agir pour éviter l'embrasement

le , mis à jour à 20:15
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* Fabius en tournée au Proche-Orient * Pourparlers israélo-palestiniens au point mort par John Irish LE CAIRE, 20 juin (Reuters) - Laurent Fabius a mis en garde samedi contre un risque d'embrasement du Proche-Orient si rien n'est fait pour tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien au point mort depuis un an, au premier jour de sa tournée dans la région. Au Caire samedi, à Amman, Ramallah et Jérusalem dimanche, le chef de la diplomatie française va tenter de convaincre ses interlocuteurs de soutenir son initiative de paix qui passe par la mise sur pied d'un groupe de soutien réunissant pays arabes, Union européenne et membres du Conseil de sécurité de l'Onu en vue d'une reprise des pourparlers. Ce groupe international serait chargé de faire pression sur les deux parties pour les inciter à faire les compromis qu'ils refusent jusqu'à présent. A terme, l'idée serait de faire approuver les pourparlers par une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu définissant un calendrier et fixant des paramètres pour les discussions. "Il faut faire le maximum pour que les parties reprennent les négociations", a déclaré Laurent Fabius à la presse au Caire à l'issue de son entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al Sissi. "Nous pensons que ne rien faire, ce serait prendre le double risque de l'enlisement et de l'embrasement, donc il faut que toute les bonnes volontés, et elles sont nombreuses, puissent aller dans ce sens", a-t-il poursuivi. "Le début c'est d'écouter les parties prenantes, voir comment elles réagissent", a-t-il ajouté, à la veille de sa rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. CHANGER DE METHODE Les pourparlers israélo-palestiniens ont été suspendus en avril 2014, les Palestiniens condamnant la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés et les Israéliens dénonçant l'accord de réconciliation entre l'Autorité palestinienne et les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza. "Cela fait 40 ans qu il y a parfois des négociations mais cela n'aboutit jamais", a souligné Laurent Fabius. "Il faut réfléchir à une certaine adaptation de méthode pour que les Arabes qui ont beaucoup à proposer, les Européens et les Américains puissent accompagner les choses." "Il ne s'agit pas de faire la paix sur les parties mais d'inciter les parties à faire la paix", a-t-il poursuivi à quelques heures de sa rencontre avec plusieurs ministres de la Ligue arabe. L'Egypte, qui joue un rôle central dans la résolution du conflit israélo-palestinien en raison de sa position de médiateur, a apporté son soutien aux efforts déployés par la France pour relancer les discussions au vu du contexte régional instable. "Dans ce contexte, la situation du processus de paix nous inquiète", a déclaré à la presse le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri. (John Irish, avec Yara Bayoumy, Marine Pennetier pour le service français)

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