Prochaine réunion à Paris des pays amis de l'opposition syrienne

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 (Actualisé avec nouvelles déclarations, Steinmeier, contexte, 
précisions) 
    par John Irish 
    PARIS, 23 novembre (Reuters) - La France a annoncé mercredi 
qu'elle réunirait début décembre à Paris les pays soutenant 
l'opposition modérée syrienne, assurant qu'elle ne se 
résignerait pas face à la stratégie "de guerre totale" menée 
selon elle par Damas et ses alliés. 
    "La France ne se résigne pas", a déclaré le ministre 
français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, à l'issue du 
conseil des ministres à Paris. "C'est pourquoi j'ai pris 
l'initiative, après consultation, de réunir à Paris dans les 
prochains jours les pays amis de la démocratie syrienne, de 
l'opposition syrienne démocratique".  
    Cette réunion des pays dits 'affinitaires' se tiendra au 
niveau ministériel et aura lieu début décembre, a-t-on précisé 
un peu plus tard dans son entourage.  
    Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, 
la Turquie ainsi que des pays arabes, comme l'Arabie saoudite, 
le Qatar, les Emirats arabes unis et la Jordanie, seront 
notamment représentés.  
    Le chef de la diplomatie française n'a pas donné de 
précisions sur l'objectif de cette réunion tout en affirmant que 
la protection des civils syriens était une priorité dans un pays 
où 300.000 personnes ont été tuées en cinq ans. 
    "Aujourd'hui il y a un million de personnes assiégées", a 
dit Jean-Marc Ayrault. "Non seulement a Alep mais Homs, la 
Ghouta, Idlib. C'est la réalité de la situation en Syrie." 
    "La France prend donc l'initiative face à la guerre totale 
où le régime et ses alliés profitent de l'incertitude de cette 
période aux Etats-Unis", a-t-il ajouté, en référence à la 
période post-électorale aux Etats-Unis où le président-élu 
Donald Trump doit entrer en fonction en janvier.  
    Cette période de transition suscite également l'inquiétude 
des Nations unies dont l'envoyé spécial pour la Syrie Staffan de 
Mistura a évoqué mardi le risque que Bachar al Assad soit tenté 
de lancer une nouvelle offensive pour écraser Alep Est avant 
l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche.  
    A Berlin, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter 
Steinmeier a mis en garde mercredi contre de nouvelles frappes 
syriennes et a accusé Damas, Moscou et Téhéran de "cynisme". 
    "Il y a beaucoup trop de personnes en ce moment qui croient  
qu'elles peuvent tirer profit du vide du pouvoir après les 
élections américaines et jouer la carte militaire", a-t-il dit 
au parlement. "Nous devons briser cette logique, les pourparlers 
sur les cessez-le-feu et l'aide humanitaire ne doivent pas 
s'interrompre pendant cette période de transition à Washington". 
    
    Parallèlement à la protection des civils, la France, fervent 
soutien des opposants à Bachar al Assad, pousse activement en 
faveur de l'adoption par le conseil de sécurité de l'Onu d'une 
résolution condamnant l'usage des armes chimiques par le 
gouvernement de Damas. 
 
 (avec Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey à Paris, Sabine 
Siebold à Berlin, édité par Yves Clarisse) 
 
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