Procès en France d'une filière d'admission d'étudiants chinois

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DÉBUT DU PROCÈS DES "ÉTUDIANTS CHINOIS" DE TOULON
DÉBUT DU PROCÈS DES "ÉTUDIANTS CHINOIS" DE TOULON

MARSEILLE (Reuters) - Le procès de l'ancien président de l'université Sud-Toulon-Var et de cinq complices pour des faits présumés de corruption en échange de l'admission d'étudiants chinois à l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de Toulon a débuté lundi.

La justice soupçonne Laroussi Oueslati et ses co-prévenus d'avoir facilité, entre 2007 et 2009, l’admission de ces étudiants chinois qui parlaient à peine le français en échange de sommes pouvant atteindre 2.700 euros par dossier.

Laroussi Oueslati est notamment poursuivi pour corruption passive, des faits passibles de dix années d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende.

Il a effectué plus de sept mois de détention provisoire et est jugé aux côtés d'un fonctionnaire de l'université et de quatre anciens étudiants chinois. Deux autres, qui ont fui en Chine quand l'affaire a éclaté, font l'objet d'un mandat d'arrêt.

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, que Reuters a pu consulter, le juge d'instruction estime que Laroussi Oueslati a profité de sa fonction pour accorder indûment des autorisations d'inscription.

Le magistrat fait état de témoignages selon lesquels les candidats chinois avaient "manifestement un niveau de français insuffisant pour suivre des études supérieures", des étudiants "inscrits en dehors de toute voie habituelle et dans des conditions troublantes" selon une cadre de l'IAE.

Les candidatures étaient soumises à une "commission centralisée de validation des études supérieures", créée par Laroussi Oueslati. Cette commission, qui aurait avalisé plus de 300 dossiers pour la seule année 2008, ne s'est jamais réunie.

Les membres désignés, enseignants et chercheurs, ont confirmé l'absence de délibération collective et indiqué aux enquêteurs qu'ils n'avaient que rarement consulté les dossiers des candidats, au demeurant "incomplets".

Les débats sont programmés jusqu'à vendredi.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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