Procès du Carlton : «Sortir de la prostitution, c'est sortir d'un tombeau»

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Procès du Carlton : «Sortir de la prostitution, c'est sortir d'un tombeau»
Procès du Carlton : «Sortir de la prostitution, c'est sortir d'un tombeau»

L'homme pose sa silhouette aux cheveux blancs, chaque jour, depuis l'ouverture du procès de l'affaire du Carlton le 2 février, sur les bancs des parties civiles. Et c'est à ses côtés, rassurées par sa présence bienveillante, que viennent se serrer Jade, Mounia et les autres ex-escorts parties civiles. Ces femmes, le délégué régional de l'association du Mouvement du Nid, Bernard Lemettre, 78 ans, les accompagne au quotidien dans leur parcours de sortie de la prostitution - pour Jade depuis trois ans - et à chacune des audiences depuis deux semaines. Ce jeudi, en fin de matinée, il a été invité par le président du tribunal à s'exprimer à la barre. La parole forte d'un militant abolitionniste et d'un humaniste.

«Une mort sociale»

Bernard Lemettre a découvert dès sa jeunesse, au Brésil, que ce que des femmes prostituées pouvaient endurer. Engagé depuis quarante ans à Lille au sein de l'association du Nid, ce retraité depuis 1998, toujours très actif, reste «un homme de terrain». «Je suis assez passionné parce que j'ai le sentiment profond que la prostitution est une atteinte à la dignité humaine et que la société doit s'en débarrasser. Alors je sais, c'est un rêve, mais j'ai l'espoir qu'il devienne une réalité.»

Et de montrer celles qu'il soutient dans ce procès hors-norme : «Ces quatre personnes, qui sont là, je ne les ai pas rencontrées en même temps. La première, c'est Jade, c'était le 3 novembre 2011. Elle est venue me voir en me disant: "Je veux sortir de la prostitution"». Il souligne: «Sortir de la prostitution, c'est comme sortir d'un tombeau, d'une non-existence, d'une vie où l'on est désigné par des mots difficiles à prononcer, comme "pute". C'est aussi accepter ce qui a précédé la prostitution, ce qui vous a fait happer par le système.»

Derrière celle qui dit qu'elle est «heureuse», il y a «quelqu'un qui pleure»

Pour lui qui a accompagné tant de ces moments ...

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