Procès du Carlton : dictionnaire du proxénète amoureux

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Dodo la Saumure se rêve en personnage d'Audiard.
Dodo la Saumure se rêve en personnage d'Audiard.

Dodo La Saumure l'a reconnu lui même : il a "un petit côté Audiard". Si le dialoguiste des Tontons flingueurs et des Barbouzes était encore de ce monde, il serait l'un des meilleurs commentateurs du procès du Carlton de Lille. Et sa déception serait probablement immense ! Car, en dehors des interventions (burlesques) dudit Dodo, il ne reste aucune trace de la gouaille des petits truands de cinéma. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement... Et ce que l'on refuse d'admettre ne s'énonce pas. Les prévenus font preuve d'un langage châtié, clinique, pour décrire les femmes qui les entourent. Par exemple, René Kojfer, soupçonné d'avoir orchestré un réseau de prostituées pour satisfaire ses amis, a du mal à s'aligner sur le vocabulaire juridique : "Ça n'était pas une prostituée, c'était une escort" "Comment appelle-t-on quelqu'un qui met en relation des filles avec des hommes dans le but d'avoir des relations sexuelles tarifées ?" lui demande la substitut du procureur. - Ben, entremetteur, lui répond le petit homme après s'être fait répéter la question deux fois. - Non. - Je ne vois pas madame le juge. - Cherchez un peu. - Pro... proxénète ? - Oui. Voilà."Devant le tribunal, le simple mot de "prostituée" est proscrit par ceux qui sont soupçonnés d'en avoir tiré profit. Ils disent "escort", "filles", ou même, très sérieusement, "amie". Kojfer - toujours lui - corrige le président...

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