Procès de la tentative d'assassinat de l'ex-avocat Karim Achoui

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Le procès de la tentative d'assassinat de l'ex-avocat Karim Achoui en 2007 s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris où comparaissent six personnes, fichées au grand banditisme mais sans mobile apparent, alors que la victime persiste à accuser un policier d'avoir commandité l'action.

Le 22 juin peu avant 22H00, Karim Achoui, avocat pénaliste médiatique qui s'était fait une réputation en défendant des figures du milieu, était atteint par deux balles de gros calibre alors qu'il venait de quitter son cabinet du boulevard Raspail (Paris VIIe).

Dans le box des accusés figure le tireur présumé, Ruddy Terranova, petit, cheveux courts et large barbe, qui avait été formellement identifié par Karim Achoui. A ses côtés ont pris place le pilote présumé d'une moto sur laquelle deux hommes avaient pris la fuite, Mamadou Ba, grand de taille et portant des lunettes, et Djamel Hakkar, crâne rasé vêtu d'un blouson bomber noir, qui, selon l'accusation, aurait commandité l'action depuis sa cellule.

Sont également renvoyés trois hommes présentés comme des intermédiaires de l'opération, Jacques Haddad, figure du grand banditisme, Brahim Bordji et Nordine Kherbache. Ils comparaissent libres après avoir effectué entre 3 et 9 mois de détention provisoire.

Aucun des six hommes n'a reconnu les faits et l'instruction n'a pas permis de déterminer leur mobile.

A son arrivée au palais de justice, Karim Achoui, pull à col roulé et costume bleus, s'est dit "serein", tout en ironisant sur le sort que la justice lui a réservé jusqu'à aujourd'hui.

L'ex-avocat a été accusé d'avoir favorisé l'évasion de l'un de ses clients, le braqueur Antonio Ferrara, avant d'être finalement mis hors de cause. Il a également été condamné pour "complicité de faux" et finalement radié du barreau pour des manquements répétés à la déontologie.

Complot de policiers exaspérés

L'essentiel de la bande a été identifié à partir de renseignements "anonymes" parvenus à un commissaire de la police judiciaire de Versailles. La localisation de leurs téléphones et divers témoignages ont permis aux enquêteurs parisiens d'étayer ces premières informations.

Mais, pour Karim Achoui, l'enquête judiciaire est loin d'avoir répondu aux questions posées.

"On a essayé de démontrer que cette affaire est un fait divers lié à un client mécontent mais on n'en a pas trouvé trace. Alors, faute de mobile, on distille le fiel à mon égard. Ce dont je suis certain, c'est que Ruddy Terranova est l'homme que j'ai reconnu. Son conducteur, je veux bien, parce que c'est quelqu'un qui était venu à mon cabinet quelques jours avant. Pour les quatre autres, j'apprendrai à les découvrir lors de ce procès", a-t-il glissé.

L'ex-avocat a développé dans un livre la thèse d'un complot ourdi par des policiers exaspérés par ses succès judiciaires dans la défense des grands truands.

Il s'est notamment étonné des liens unissant Ruddy Terranova, un ancien indic de la police, au commissaire de la PJ de Versailles qui avait été son officier traitant avant qu'il ne soit radié pour "instabilité" de la liste des agents infiltrés.

"J'ai la conviction que ce fonctionnaire de police de Versailles n'a pas eu un rôle isolé dans la mesure où dans les semaines qui ont précédé l'attentat, le jour de l'attentat et quelques semaines après, il a eu des rapports, que je qualifierais d'incestueux, avec le tireur", a déclaré l'ex-avocat à l'AFP.

L'enquête judiciaire n'a apporté aucun élément justifiant la thèse développée par M. Achoui.

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