Procès à Paris pour le meurtre de deux gardes civils espagnols

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PROCÈS À PARIS POUR LE MEURTRE DE DEUX GARDES CIVILS ESPAGNOLS
PROCÈS À PARIS POUR LE MEURTRE DE DEUX GARDES CIVILS ESPAGNOLS

PARIS (Reuters) - Le procès de trois membres présumés de l'organisation séparatiste basque ETA, poursuivis pour le meurtre de deux gardes civils espagnols en 2007 à Capbreton (Landes), s'est ouvert mardi à Paris.

Quatre autres membres présumés d'ETA sont poursuivis pour des faits connexes à ce double assassinat, notamment pour participation ou organisation d'une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme.

Six des sept accusés étaient présents mardi sur le banc des accusés de la Cour d'assises spéciale de Paris, le septième étant actuellement recherché. Les avocats de la défense avaient demandé un report du procès.

"Ce qui est très étonnant et condamnable, c'est qu'il est apparu que l'arme du crime avait été saisie en octobre 2009, et la défense n'a été informée de cette situation que le 20 mars 2013", a expliqué Me Jean-François Blanco, avocat d'un des trois accusés pour meurtre, estimant que cela privait son client de droits fondamentaux de la défense.

Les deux gardes civils espagnols, Raul Centeno Bayon et Fernando Trapero Blazquez, se trouvaient en France pour une mission de renseignement classique visant ETA quand ils ont été tués le 1er décembre 2007.

Tombés fortuitement sur un groupe de trois etarras présumés alors qu'ils venaient boire un café dans une cafeteria d'une grande surface de Capbreton, ils ont été abattus dans leur voiture sur le parking au moment de repartir.

Le drame avait provoqué une vive émotion en Espagne, où une très importante manifestation de protestation contre ETA avait réuni gauche et droite, pour la première fois depuis 2003.

L'ancien chef présumé de l'appareil militaire d'ETA, Garikoïtz Aspiazu Rubina, dit "Txeroki", condamné début mars en France à 20 ans de réclusion pour l'enlèvement et la séquestration, en 2007, de trois Espagnols, est cette fois-ci renvoyé devant la Cour pour organisation d'une action terroriste, entre autres.

Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe est également poursuivi pour ce chef.

Ce procès est prévu jusqu'au 26 avril.

L'ETA est tenu pour responsable de la mort de plus de 800 personnes depuis le lancement de sa campagne de violences pour l'indépendance du Pays basque à la fin des années 1960.

Le mouvement séparatiste basque, qui a annoncé en 2011 qu'il mettait fin à 40 ans de lutte armée pour l'indépendance, a souhaité en novembre dernier l'ouverture de pourparlers avec les gouvernements espagnol et français afin de négocier la fin définitive de ses opérations militaires et la livraison de ses armes aux autorités.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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