Procédure d'infraction de l'UE contre Budapest, Orban réplique

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 (Actualisé avec Orban et Timmermans) 
    BRUXELLES, 26 avril (Reuters) - La Commission européenne a 
ouvert mercredi une procédure d'infraction contre la Hongrie 
dont les autorités ont adopté une nouvelle loi sur 
l'enseignement supérieur qui pourrait conduire à la fermeture de 
l'Université d'Europe centrale (CEU) de Budapest financée par le 
milliardaire américain George Soros. 
    Bruxelles estime que cette loi, adoptée le 4 avril, remet en 
cause le principe de la liberté académique et est incompatible 
avec les valeurs démocratiques de l'Union européenne. 
    Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a répliqué peu 
après en rejetant l'idée que son gouvernement menace la CEU et 
en qualifiant Soros de "spéculateur financier". 
    Lors d'un débat sur la Hongrie au parlement européen, Orban 
a eu un échange vif avec le vice-président de la Commission 
européenne Frans Timmermans, qui a dit que Bruxelles était aussi 
préoccupé par l'attitude de Budapest envers les migrants, par 
les attaques contre les droits des Roms et par un projet de loi 
visant les ONG. 
    "Le plus grand miracle survenu de mon vivant est la chute du 
mur de Berlin(...)et le fait que la Hongrie soit devenue un pays 
démocratique", a dit Timmermans. "C'est ce que le peuple 
hongrois a accompli lui-même en luttant pour la liberté. 
Protéger sa liberté, cependant, est aujourd'hui la mission 
commune de l'Europe." 
    Le texte sur l'enseignement supérieur a provoqué des vagues 
de manifestations en Hongrie mais Viktor Orban, dont les dérives 
autoritaires inquiètent les Européens, affirme qu'elle vise à 
empêcher les universités étrangères de délivrer des diplômes 
qu'il juge douteux. 
     
    PEU DE CHANCES DE SANCTIONS 
    La Commission européenne a adressé un courrier aux autorités 
hongroises pour les informer officiellement "de cette première 
étape dans le cadre d'une procédure d'infraction". 
    "Les autorités hongroises ont maintenant un mois pour 
répondre aux inquiétudes légales", précise le texte. 
    Au pouvoir depuis 2010, Viktor Orban se heurte régulièrement 
aux associations financées par George Soros qui tente défendre 
des positions libérales que le dirigeant hongrois réprouve. 
    L'exécutif européen a également fait part de sa volonté de 
continuer à discuter avec la Hongrie de la position de ce pays 
sur l'application des règles régissant le droit d'asile ainsi 
que sur un projet de loi visant les ONG. 
    Les chances de voir l'Union européenne infliger des 
sanctions à la Hongrie sont relativement faibles car cela 
exigerait une unanimité des 27 Etats membres. Viktor Orban peut 
notamment compter sur l'appui de ses alliés conservateurs 
polonais pour s'opposer à une telle procédure. 
    "Je pense que le gouvernement hongrois va tenter de trouver 
un accord. Le ton des négociations ne devrait pas être très 
élégant mais il est probable que l'on parvienne finalement à une 
sorte de compromis", a déclaré un diplomate à Bruxelles. 
    La CEU est considérée comme un creuset de la pensée libérale 
en Hongrie et plus largement en Europe de l'Est depuis son 
ouverture en 1991. Les adversaires d'Orban l'accusent de vouloir 
faire taire les voix de l'opposition en plaçant les institutions 
indépendantes sous le contrôle de son gouvernement. 
 
 (Gabriela Baczynska et Jan Strupczewski; Pierre Sérisier et 
Eric Faye pour le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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